Schneider-Ammann défend les pratiques fiscales de son ex-entreprise

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann s'est à nouveau vigoureusement défendu ce week-end contre les reproches visant les pratiques fiscales de son ex-entreprise et dénonce une "chasse aux sorcières", motivée politiquement. Dans le même temps, l'Administration fédérale des contributions (AFC) a été vivement critiquée dans les médias.

L'AFC n'a pas voulu, "d'une manière ou d'une autre", précisément examiner les pratiques fiscales du groupe Ammann, a critiqué le chef du contrôle des finances du canton de Berne Thomas Remund dans une interview parue samedi dans les quotidiens "Der Bund" et "Tages-Anzeiger".

Par ailleurs, M. Remund a dit ne pas comprendre pourquoi l'AFC n'a pas voulu collaborer avec ses services. "Il devait vraisemblablement y avoir des pressions venant d'en haut pour tout bloquer".

Nouvelle enquête

Le groupe industriel bernois Ammann, ex-propriété du conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, avait été placé sous le feu de la critique fin janvier dernier en raison de ses pratiques fiscales liées à des constructions "offshore".

Des millions ont été investis dans des sociétés filiales sises au Luxembourg et à Jersey. Après enquête, le fisc bernois n'avait toutefois découvert aucune activité illégale. L'affaire semblait alors terminée.

La semaine dernière, l'émission de la télévision suisse alémanique SRF "Rundschau" a toutefois publié de nouveaux documents. Les autorités fiscales bernoises ont alors demandé à l'AFC une nouvelle appréciation sur le dossier de l’imposition du groupe bernois.

L'AFC a accédé à cette demande, contrairement à une première requête déposée au printemps. Il s'agit maintenant d'un cas concret, a-t-elle estimé.

Pas de procédure pénale

Johann Schneider-Ammann a déclaré samedi sur les ondes de la radio alémanique SRF ne plus vouloir se laisser malmener par cette affaire. Et d'estimer que quiconque formule des reproches doit justifier d'où il tire ses informations. Lors de la journée de son parti à Zoug, il a parallèlement réaffirmé que son ex-entreprise s'est toujours comportée correctement.

Revenant sur les accusations de fraude fiscale dont il est la cible, M. Schneider-Ammann a affirmé qu'en tant que personne privée, "il ne se serait jamais lassé faire". Une procédure pénale n'est toutefois pas à l'ordre du jour. Un conseiller fédéral doit évidemment renoncer à certains droits, a-t-il expliqué.

Soutien du parti

Le ministre de l'Economie a reçu le soutien de son parti. "Quiconque brandit maintenant des arguments moralisateurs est hors de propos", a réagi le président du PLR Philipp Müller dans une interview parue samedi dans la "Nordwestschweiz" et la "Südostschweiz".

Ce dernier estime par ailleurs que la nouvelle enquête ouverte par les autorités est un "véritable coup de massue". Un arrangement légal entre les autorités fiscales et une entreprise ne devrait pas être remis en question rétroactivement, affirme-t-il.

Lors de la journée du PLR samedi, qui a réuni plus de 1000 participants à Zoug, Johann Schneider-Ammann a de nouveau défendu les pratiques fiscales de son entreprise. Il n'a toutefois pas été épargné par les critiques, puisqu'un groupe de jeunes socialistes a brièvement interrompu son discours par des sifflets.

/ATS


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