L'écart se creuse entre les plus hauts et les plus bas salaires

Même avec l'acceptation de l'initiative Minder, l'écart salarial a continué de se creuser en 2013, selon une étude de Travail.Suisse. Le rapport entre le salaire le plus élevé et le plus bas payé dans la même entreprise a été le plus grand l'an dernier chez Roche, Novartis, Nestlé, UBS et Lindt & Sprüngli, avec des écarts salariaux de plus de 1:200.

Si au niveau des salaires les plus élevés des 27 groupes suisses analysés, on enregistre une certaine stabilisation, ce n'est pas le cas des membres de la direction. L'écart salarial s'est de nouveau creusé "dans les deux tiers des entreprises, ce que l'on avait plus vu depuis 2007", remarque Martin Flügel, président de Travail.Suisse.

Chez Nestlé, où le rapport est le plus élevé avec 1:230, la rémunération du directeur général Paul Bulcke a ainsi baissé de 5%. Un recul a également été constaté chez Roche ou ABB.

Par contre, le patron de la banque d'investissement d'UBS, Andrea Orcel, a vu sa rémunération augmenter de 29% entre 2012 et 2013. Ce qui met le numéro un bancaire helvétique au 2e rang des écarts salariaux les plus importants (1:229). Onze groupes suisses paient leur CEO bien plus de 5 millions de francs par an.

Le dédommagement moyen a augmenté dans 22 entreprises sur 27. L'écart s'est creusé dans 18 entreprises. L'accentuation constatée depuis 2010 chez ABB (de 1:78 à 1:101), Lonza (de 1:25 à 1:47), Kuoni (1:33 à 1:41) et Implenia (1:24 à 1:30) constitue "l'exemple typique", observe l'organisation syndicale.

Contribution de solidarité

Le cartel des salaires, soit l'ensemble des managers qui gagnent plus de 100 fois plus que leurs collaborateurs les moins bien rémunérés, compte 42 personnes, selon Travail.Suisse. Sur ce nombre, on recense 21 directeurs des deux grandes banques UBS et Credit Suisse et dix managers de Roche et Novartis.

L'agrandissement du fossé salarial montre "que l'initiative contre les rémunérations abusives (ndlr: Minder) n'a déployé aucun effet jusqu'ici", a ajouté Martin Flügel.

Pour Jacques-André Maire, conseiller national (PS/NE) il faut renforcer le partenariat social en faisant augmenter les salaires les plus bas.

Par ailleurs Travail.Suisse va surveiller de près les réformes fiscales. La troisième révision de la fiscalité des entreprises va faire perdre des milliards aux collectivités publiques.

L'organisation syndicale milite donc pour la transparence fiscale complète et une contribution de solidarité pour des revenus à partir de 500'000 francs par exemple, renchérit Martin Flügel. On pourrait introduire ceci par une progression particulière de l'impôt sur le revenu ou par une cotisation supplémentaire à l'AVS.

/ATS


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