Plus d'une entreprise suisse sur trois victime de fraudeurs

En Suisse, plus d'une entreprise sur trois a été victime de criminalité économique au cours des deux dernières années, selon une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), et le phénomène a pris la même ampleur qu'à l'échelle mondiale. Face aux fraudeurs, les employeurs ont eux nettement serré la vis.

Aujourd'hui, 37 % des firmes suisses signalent une infraction, contre 18 % voici deux ans, et cette part est passée de 34 % à 37 % également au niveau global, révèle la nouvelle enquête sur la délinquance économique du cabinet d'audit et de conseil publiée mercredi. Il faut remonter à la période d'avant la crise financière pour retrouver de tels niveaux.

"Le nombre de cas notifiés en Suisse a quasi doublé avec le renforcement des mesures de contrôle", constate Gianfranco Mautone, partenaire auprès de PwC. Pour lui, les résultats des deux enquêtes précédentes étaient exceptionnellement bas, en raison des coupes budgétaires réalisées aux dépens de la surveillance et le taux actuel est un retour à la "normale".

Peu de corruption signalée

Dans notre pays, l'abus de confiance représente le délit économique le plus fréquent, avec près de deux cas sur trois recensés ces deux dernières années. La cybercriminalité, elle, a touché 26 % des sondés, mais la majorité estime que le risque a augmenté. Le blanchiment d'argent a lui concerné 13 % des répondants, contre 11 % à l'échelle mondiale.

Seules 3 % des sociétés helvétiques rapportent des cas de corruption, contre 27 % à l'échelle mondiale. Mais plus d'un participant sur 10 s'attend à être confronté à un cas de corruption dans les deux ans à venir.

En comparaison internationale, les organisations helvétiques font en général preuve de plus de retenue vis-à-vis de la délinquance économique, observe l'expert. Contrairement à certains pays anglo-saxons, la Suisse n'applique pas l'obligation de déclaration de soupçon, dans les cas de cybercriminalité par exemple, rappelle-t-il.

Tolérance zéro

Dans 55 % des cas, le délinquant est un employé, dont le profil type - un homme, qualifié, de plus de 41 ans et collaborateur depuis plus de 3 ans - n'a pas changé. Mais désormais, l'employeur sanctionne plus durement et le licencie dans 82 % des cas, contre 60 % auparavant. En deux ans, les procédures civiles ont presque doublé et 59 % des répondants en Suisse ont saisi la justice (44 % au plan international).

Sur le front de la surveillance, 35% des délits sont détectés grâce aux contrôles internes.

Dans 71 % des cas, les dommages provoqués par les malversations se chiffrent à moins de 1 million de dollars (890'460 francs).

L'enquête de PwC en Suisse a porté sur un total de 83 organisations, sur la base d'une participation anonyme, dont des firmes cotées en bourse et certaines entités publiques, a précisé M. Mautone. Sur le plan mondial, le sondage englobe 5128 répondants dans 95 pays.

/ATS


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