Pierre-Yves Maillard critique la libéralisation de l'électricité

La libéralisation du marché de l'électricité est une fiction, une fausse concurrence, selon Pierre-Yves Maillard. Pour le président du Conseil d'Etat vaudois, renoncer à l'autonomie énergétique du pays est très dangereux à long terme. De son avis, la politique énergétique ressemble à une vaste fumisterie en Suisse.

"Les infrastructures énergétiques sont l'un des seuls leviers que la Suisse a en main dans son rapport de force avec les autres Etats. L'Europe aura toujours besoin d'énergie de régulation provenant des centrales suisses de pompage-turbinage, et le positionnement de notre réseau est stratégique", relève Pierre-Yves Maillard dans une interview publiée lundi par "L'Agefi".

"Dans le monde d'aujourd'hui, maîtriser l'énergie est au moins aussi important que de maîtriser une armée". "Regardez ce qui se passe avec la libéralisation du marché du gaz: notre continent est devenu l'otage de la Russie de M. Poutine".

"La Suisse a un secteur de l'électricité largement contrôlé par les collectivités publiques. Elle a tout pour elle, mais semble vouloir se trouver du côté des Etats qui s'affaiblissent volontairement", déplore le chef du Département vaudois de la santé et de l'action sociale.

Contrôle des ressources suisses

"Les milieux économiques sont prêts à renoncer à des pans entiers d'autonomie énergétique pour obtenir d'autres avantages de la part de l'Europe dans d'autres domaines. C'est très dangereux à long terme, sachant que de nombreux opérateurs européens prendraient volontiers le contrôle de la position et des ressources de la Suisse", avertit le président du gouvernement cantonal.

"Face à cette situation, la politique énergétique de la Suisse ressemble à une vaste fumisterie. Je pèse mes mots", dit le socialiste, qui avait mené la campagne contre l'ouverture du marché de l'électricité lors d'un référendum accepté par le peuple en 2002.

/ATS


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