Les cheminots entament une grève de cinq jours en Allemagne

Les cheminots allemands de la Deutsche Bahn ont entamé mercredi une grève de cinq jours, la plus longue depuis 20 ans. Ils réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Selon les CFF, le trafic de Suisse vers l'Allemagne sera perturbé dès la nuit de mercredi à jeudi.

Le syndicat GDL des conducteurs de train a lancé mardi cet appel à la grève, le sixième depuis début septembre. Il a choisi de frapper un grand coup, avec un mouvement de cinq jours dans le fret - de mercredi après-midi à lundi - et de quatre jours dans le trafic passagers - de jeudi nuit à lundi matin.

La grève survient au moment où l'Allemagne va célébrer les 25 ans de la chute du Mur de Berlin ce week-end. Deux millions de visiteurs sont attendus dans la capitale allemande dimanche, dont beaucoup avaient prévu de prendre le train.

Les trains de nuit au départ de la Suisse vers Hambourg, Berlin et Dresde-Prague sont annulés dès mercredi soir. Ils ne circuleront pas non plus durant la nuit de dimanche à lundi, après la fin de la grève.

Les autres liaisons transfrontalières avec la Suisse seront, dans la mesure du possible, assurées par des trains de remplacement des CFF sur la partie suisse du parcours, ont indiqué les CFF.

Conséquences en Suisse

Les trains de CFF GmbH Deutschland circulent selon l'horaire, notamment entre Schaffhouse et Erzingen (D), entre Bâle et Zell im Wiesental (D), de même que ceux entre Constance (D) et Engen (D) ne seront pas touchés. Cependant, "des retards peuvent se produire", préviennent les CFF.

Par ailleurs, la ligne entre Zurich et Stuttgart (D) prendra fin à Schaffhouse. Quant aux trains reliant Zurich à Munich (D), ils termineront leur course à Bregenz, en Autriche. La prise en charge des passagers pour la suite du voyage sur ces tronçons n'est pas garantie.

Lignes urbaines

Le mouvement touchera aussi, à Berlin et dans les autres grandes villes allemandes, les lignes urbaines de S-Bahn, ainsi que les lignes régionales, empruntées par des millions de personnes pour se rendre sur leur lieu de travail.

Deutsche Bahn veut tenter de faire rouler un tiers des trains prévus, mais d'importants retards sont à prévoir. La compagnie ferroviaire allemande affirme transporter 5,5 millions de passagers et plus de 600'000 tonnes de marchandises par jour.

"Prise d'otages"

Avec ses 19'000 adhérents sur les 196'000 salariés que compte Deutsche Bahn en Allemagne, GDL est en comparaison un petit syndicat. Il est de plus en plus critiqué pour son intransigeance et ses grèves qui interviennent dans un contexte où l'économie est fragilisée.

La compagnie publique Deutsche Bahn s'est dite "sans voix" après l'annonce du nouveau mouvement. Médias, fédérations d'usagers et politiques de tous bords fustigeaient mercredi une "prise d'otages" d'une ampleur inhabituelle dans un pays réputé pour la qualité de son dialogue social et habitué à des grèves plus policées.

/ATS


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