Les Brics veulent accélérer la mise en place de leur banque

Les cinq pays émergents des Brics ont affiché samedi, en marge du G20, leur volonté de renforcer leur coopération et d'accélérer la mise en place de leur banque de développement. Ils visent une meilleure représentation au sein de la gouvernance financière mondiale.

Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud s'étaient entendus en juillet pour créer une banque de développement et un fonds de réserve d'urgence, érigés en contrepoids à la Banque mondiale (BM) et au Fonds monétaire international (FMI).

En marge du sommet des dirigeants du G20 ce week-end à Brisbane, en Australie, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a rappelé "l'importance" de ces initiatives "face aux difficultés de la conjoncture économique internationale".

Pour 2016

La création de la banque de développement des Brics, dotée de 50 milliards de dollars, est fondamentale pour "gonfler notre rôle économique et financier", a poursuivi Mme Rousseff. Ses partenaires ont abondé dans le même sens.

"Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut aller plus vite, pour que la banque soit établie dès que possible", a commenté Zhu Guangyao, vice-ministre chinois des Finances. "Chaque pays doit identifier des projets réalistes nécessitant d'être soutenus, afin que la banque puisse immédiatement commencer ses financements lorsqu'elle sera lancée".

De son côté, le Premier ministre indien Narendra Modi a rappelé "l'objectif d'un lancement de la banque en 2016". "Notre candidat pour la présidence de la banque sera bientôt nommé".

Un consensus?

L'entente des Brics en juillet avait surpris certaines chancelleries occidentales, qui doutaient de leur capacité à surmonter leurs désaccords et leurs divergences. De fait, après avoir été longtemps un moteur de l'économie mondiale, les "géants émergents" suivent désormais des voies bien différentes.

La croissance chinoise reste solide mais connaît un net ralentissement. Celle de l'Inde au contraire accélère. Elle est à son plus haut niveau depuis deux ans au premier trimestre. Mais la Russie est en plein marasme, plombée par les sanctions après la crise ukrainienne et la chute des cours du pétrole.

Tous subissent le contrecoup de la fin de la politique monétaire ultra accommodante de la Fed, qui avait provoqué un afflux de capitaux chez eux et entraîne maintenant un certain reflux.

Les Brics partagent en tout cas une forte ambition: obtenir un rôle à la hauteur de leur poids économique au sein d'une gouvernance financière mondiale où il s'estiment fort mal représentés.

/ATS


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