Le FN dévoile les lettres de refus de prêt de 4 banques, dont l'UBS

En France, le Front national (FN) a dévoilé les lettres par lesquelles quatre banques - CIC, UBS, LCL et BNP Paribas - ont refusé de lui accorder un emprunt bancaire sollicité en juin 2013, selon des documents transmis à l'AFP. Le parti d'extrême-droite a ainsi sollicité une banque russe.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, avait annoncé dimanche qu'elle allait divulguer les refus de prêt que lui ont opposés les banques françaises, ce qui l'a selon elle contraint à emprunter en septembre 9 millions d'euros (près de 11 millions de francs) auprès de la First Czech Russian Bank.

Dans les documents figurent aussi quinze lettres par lesquelles le parti d'extrême-droite sollicite des emprunts à des banques: BNP, Bred, CIC, deux lettres au Crédit Agricole, Crédit Mutuel, UBS, JP Morgan Chase Bank, ING Direct, Banque Espirito Santo et de la Vénétie, BBVA, Barclays, Banco Santander, Banque Postale, LCL.

Dépenses en hausse

Dans ces lettres presque toutes datées de fin juin 2013, Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti, explique aux banques que le FN "depuis le mois de septembre 2012 a vu ses dépenses s'accroître sensiblement compte tenu de son développement. En ce mois de juin 2013, en vérité, le FN redémarre avec un déficit de plusieurs millions d'euros correspondant à ce qu'il a dû emprunter pour vivre depuis un an".

"Le FN voudrait, dans ces conditions, emprunter auprès de votre établissement une somme de cinq millions d'euros remboursables, par exemple, en cinq ans", poursuit M. de Saint-Just.

L'explication d'UBS

Dans sa lettre de réponse, LCL explique être "au regret de répondre que LCL n'a pas convenance à l'octroi d'un tel crédit". UBS refuse car la banque "n'exerce pas, en France, d'activité de crédit aux entreprises".

Le CIC explique que "compte tenu de la diversité des opinions des clients, sociétaires et administrateurs élus du Groupe Crédit Mutuel-CIC, nous souhaitons nous en tenir à un principe de neutralité en nous abstenant de financer des formations politiques".

Enfin, BNP Paribas décline car sa "politique de crédit ne (lui) permet pas de répondre favorablement à une telle demande en faveur d'un parti politique". Crédit Agricole répond à un premier courrier du FN en renvoyant vers des filiales régionales qui n'ont pas répondu, selon les documents transmis par le FN, au second courrier transmis par M. de Saint-Just.

Le vice-président du FN Florian Philippot a précisé à l'AFP que la Société Générale, banque habituelle du parti, avait "refusé oralement". Les autres banques n'ont selon lui pas répondu.

/ATS


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