Le FMI s'attend à une reprise fragile de l'économie mondiale

La crise en Ukraine s'est invitée à la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale samedi à Washington. Les ministres des Finances ont discuté des risques géopolitiques et des répercussions sur le développement économique de la région, a indiqué Eveline Widmer-Schlumpf.

Selon la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, l'institution prévoit un plan d'aide de 14 à 18 milliards de dollars pour l'Ukraine, en très grande difficulté financière. A cette somme s'ajoutent des aides de différents Etats, a précisé la conseillère fédérale après les discussions.

La ministre suisse des finances était accompagnée dans la capitale américaine du chef de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, et de la secrétaire d'Etat au Département fédéral de l'économie, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch.

Plusieurs pays membres du groupe du FMI dirigé par la Suisse, comme le Turkménistan, dont une grande partie de la population travaille en Russie, entretiennent des relations étroites avec l'économie russe. Ils sont touchés par les sanctions prises contre la Russie après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée, a déclaré Mme Widmer-Schlumpf.

Timide reprise et inflation

Les discussions ont également porté sur les perspectives de développement de l'économie mondiale. Le FMI s'attend à une timide poursuite de la reprise économique, a ajouté la conseillère fédérale.

Il prévoit un retour de la croissance en particulier aux Etats-Unis et en Europe - Allemagne en tête. Dans les pays émergents et en voie de développement, la situation ne devrait en revanche que modérément s'améliorer.

Les ministres des Finances se sont inquiétés de la faible inflation, qui pourrait se transformer en déflation et empêcher un redémarrage de l'économie. Le FMI a relevé que le plus grand risque demeure dans la persistance de la faible croissance, selon Mme Widmer-Schlumpf.

La Suisse voit aussi poindre des problèmes avec le retard d'une normalisation de la politique monétaire. Une politique monétaire expansionniste, telle pratiquée par les Etats-Unis, ne sert qu'à soulager les symptômes et ne débouche pas nécessairement sur les réformes structurelles à effectuer, estime la conseillère fédérale.

Les ministres ont, d'ailleurs, souligné que des réformes dans le secteur financier doivent être mises en oeuvre. Bien que la réglementation dans le domaine bancaire ait déjà été adaptée, il reste beaucoup à faire. "La stabilité, que l'on souhaite, ne peut pas encore être assurée", a expliqué Mme Widmer-Schlumpf.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus