La justice américaine allège la peine de prison de l'ex-PDG d'Enron

L'ex-PDG d'Enron Jeffrey Skilling va sortir de prison dix ans plus tôt que prévu, sa peine ayant été réduite vendredi à 14 ans de détention. L'homme a été au coeur d'un énorme scandale financier et condamné en 2006 à 24 ans et 4 mois de détention.

Il était devenu PDG du courtier en énergie Enron début 2001. L'entreprise avait fait faillite quelques mois plus tard à cause de malversations comptables orchestrées par ses dirigeants, mettant plusieurs milliers de personnes au chômage et ruinant ses actionnaires.

M. Skilling avait été condamné pour avoir dissimulé les pertes du groupe et exagéré la valeur de l'action tout en vendant ses propres titres. Reconnu coupable de 19 chefs d'inculpation, notamment de fraude et de complot, il est incarcéré depuis décembre 2006 dans une prison fédérale du Colorado (ouest).

Sa peine a été réduite à 14 ans de détention, a annoncé un juge de Houston, au Texas. M. Skilling devrait donc être libéré fin 2020.

Victimes remboursées

La nouvelle sentence est le résultat d'un accord trouvé début mai par M. Skilling avec les autorités américaines. Elle "met fin à des années de contentieux, inflige une punition importante à l'accusé et l'empêche de jamais remettre en question sa condamnation", s'est félicitée Mythili Raman, assistante du procureur général, dans un communiqué du département de la Justice.

En outre, "les victimes des crimes de M. Skilling vont enfin recevoir plus de 40 millions de dollars qu'il leur doit", a-t-elle souligné.

Actifs confisqués

Dans l'accord passé avec les autorités, l'ex-PDG d'Enron a accepté de renoncer à toutes ses possibilités d'appel restantes, et en particulier de ne pas contester le versement aux victimes de l'affaire de plus de 40 millions de dollars (37 millions de francs) tirés de la confiscation de ses actifs. L'argent est bloqué depuis des années dans l'attente de l'aboutissement de la procédure judiciaire.

L'affaire Enron est un symbole des grands procès pour méga-fraude intentés dans les années 2000 contre des chefs d'entreprises américains. Les patrons de l'opérateur télécoms Worldcom ou du conglomérat industriel Tyco avaient notamment été condamnés à de très lourdes peines.

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