La Suisse reste le pays le plus compétitif (WEF)

La Suisse est pour la cinquième année consécutive le pays dont l'économie est la plus compétitive, a affirmé mercredi le WEF. Singapour et la Finlande suivent dans le classement, alors que l'Allemagne et les Etats-Unis progressent au 4e et au 5e rang.

Les Etats-Unis inversent une tendance à la baisse sensible depuis quatre ans et gagnent deux places. Ils demeurent un des leaders mondiaux en termes d'innovation de produits et de services, a précisé le Forum économique mondial (WEF) dans son rapport annuel sur la compétitivité.

Au 6e rang, la Suède a perdu deux places, alors que Hong Kong 7e a progressé de deux rangs. Les Pays-Bas suivent, en recul de trois places, devant le Japon et le Royaume-Uni.

La plus forte progression cette année est enregistrée par l'Indonésie, qui avance de 12 places au 38e rang. Parmi les pays émergents, la Chine est 29e, l'Afrique du Sud 53e. Le Brésil perd huit places, au 56e rang, alors que l'Inde est 60e et que la Russie, classée 64e, progresse de trois rangs.

Le WEF affirme qu'en Europe, les efforts déployés pour lutter contre l'endettement public et l'éclatement de l'euro ont détourné l'attention des problèmes structurels de la compétitivité. Il recommande aux pays du Sud, dont l'Espagne (35e), l'Italie (49e), le Portugal (51e) et la Grèce (91e) de remédier aux manques d'efficacité et de flexibilité de leurs marchés et d'améliorer l'accès au financement de l'innovation.

Atouts de la Suisse

Les atouts de la Suisse d'une année sur l'autre n'ont pas changé, grâce à sa bonne performance dans les 12 indicateurs principaux retenus par le WEF. Ses forces sont ses capacités d'innovation, son système éducatif et ses instituts de recherche, les institutions publiques parmi les plus efficaces et transparentes au monde, ses excellentes infrastructures, des marchés financiers et du travail qui fonctionnent bien.

"L'environnement macroéconomique de la Suisse est l'un des plus stables du monde alors que beaucoup des pays voisins sont confrontés à des difficultés", soulignent les auteurs du rapport. Ils relèvent aussi la qualité des produits suisses et la diversité de ses services, qui ont permis de compenser l'appréciation du franc.

Le WEF critique par contre une agriculture très protégée, avec des coûts qui la placent dans ce domaine au 75e rang. Il recommande aussi à la Suisse d'accroître la participation des jeunes à l'Université et des femmes à l'économie, deux points faibles qui sont un handicap par rapport à d'autres pays.

Le secteur bancaire s'adapte

Le WEF note que le secteur bancaire s'adapte rapidement à une réalité changeante. "Il se diversifie et arrive toujours à attirer une large clientèle", affirme le rapport, qui salue les efforts des autorités suisses pour réglementer le secteur financier.

Il avertit que "des risques persistent", en mentionnant la forte dépendance du secteur financier helvétique avec le reste du monde et un fort taux d'endettement hypothécaire. "Les litiges sur la fraude fiscale et des pressions continues d'autres pays laissent entrevoir la fin du secret bancaire, ce qui devrait imposer d'autres ajustements", affirme le WEF.

"Il sera important à l'avenir pour la Suisse d'éviter la complaisance. Son moteur économique traditionnel, le secteur bancaire, sous surveillance, est contraint d'entreprendre de grands changements. Il est important que dans le futur la Suisse continue à renforcer ses atouts compétitifs et à résister à un excès de réglementation et de protectionnisme", conclut l'organisation basée à Cologny (GE).

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