L'élection en bloc du conseil d'administration de Swatch critiqué

Le manque de transparence dans la gouvernance de Swatch Group sera une nouvelle fois pointé du doigt mercredi lors de l'assemblée générale du groupe horloger. L'élection en bloc et pour trois ans des membres du conseil d'administration est notamment critiquée. Aucune révolution n'est toutefois à attendre.

"Swatch Group est l'une des dernières entreprises à pratiquer une élection en bloc de tous les membres du conseil pour trois ans", a indiqué à l'ats Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, revenant sur un article paru dans l'hebdomadaire alémanique "Schweiz am Sonntag".

S'opposer pour donner un signal

Comme il n'est pas possible de se prononcer individuellement sur chaque candidat, Ethos, la société américaine de conseil aux actionnaires ISS, Z-Capital et Actares recommandent de s'opposer à la réélection en bloc du conseil d'administration, dans l'idée de donner un signal.

D'ailleurs, précise Dominique Biedermann, Swatch Group devra se conformer à la pratique de l'élection annuelle et individuelle qui figurera dans la loi découlant de l'initiative Minder acceptée en mars dernier par le peuple.

Lors de l'assemblée générale de mercredi à Bienne, le conseil sera de toute manière réélu sachant que la famille Hayek et consorts détiennent plus de 48% des voix, note Dominique Biedermann. Le nombre de voix critiques, "probablement entre 10 et 20%", ne sera certainement pas divulgué, le groupe horloger ne publiant habituellement pas le détail du résultat des votes.

Salaires opaques

Un manque de transparence est également relevé par le directeur d'Ethos au niveau des rémunérations. "Il n'y a pas de vote consultatif à ce sujet comme c'est le cas désormais pour toutes les sociétés cotées au Swiss Market Index (SMI)."

Au-delà, Dominique Biedermann met encore en exergue le manque d'indépendance du conseil d'administration. A ses yeux, dans le cas de Swatch Group, l'organe ne peut exercer correctement son contrôle de la direction comme le prévoit la loi qui précise qu'il doit assumer un rôle de haute stratégie et de haute surveillance.

Selon Ethos, l'ancien président de la Banque nationale suisse Jean-Pierre Roth est le seul membre indépendant du conseil d'administration. La double casquette de Nick Hayek, à la fois directeur général et administrateur, déplaît aussi aux actionnaires qui demandent davantage de transparence.

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