L'économie suisse pourrait tirer avantage du traité transatlantique

Un accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis qui se limiterait à réduire les droits de douane entre les deux parties, pénaliserait l'économie suisse. A l'inverse, celle-ci pourrait tirer avantage d'un traité approfondi qui harmoniserait les obstacles non tarifaires au commerce existants.

Peu d'éléments concrets ont filtré sur la teneur du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP). "En tant qu'Etat tiers, la Suisse en subira inévitablement un impact, qui varie selon les scénarios et les secteurs d'activité". Telles sont les conclusions d'une étude publiée par le World Trade Institute (WTI), sur mandat du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Avec un accord fondé principalement sur une réduction des droits de douane, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse pourrait reculer de 0,17% pour s'inscrire à 0,51% d'ici à 2030. Selon ce scénario "discriminant", l'industrie verrait sa production diminuer de 0,3% à 0,8%, précise l'étude.

Nouvelles normes de production

En revanche, si les négociations débouchent sur une uniformisation des standards de production en vigueur sur les marchés européen et américain, le PIB de la Suisse pourrait progresser de 1%. Selon les chercheurs, un tel accord, dit "approfondi", donnerait naissance à de nouvelles normes globales de production, facilitant l'accès aux marchés au niveau mondial.

La production industrielle pourrait alors croître de près de 3%. Avec une hausse des ventes dans le secteur agroalimentaire pouvant atteindre jusqu'à 2,3%.

La Suisse, ainsi que les autres Etats tiers, ont tout intérêt à ce que le futur accord soit le plus complet possible, portant non seulement sur les droits de douane, mais aussi davantage sur les obstacles non tarifaires au commerce.

Accord parallèle avec l'AELE

La Suisse peut également tirer son épingle du jeu, sous la forme d'un accord parallèle entre les Etats-Unis et l'Association européenne de libre-échange (AELE) dont elle fait partie. Cette éventualité aurait une influence positive sur chacun des scénarios présentés par l'étude, selon les chercheurs.

Plus des deux tiers des exportations suisses partent vers l'UE (56%) et les Etats-Unis (11%), relève le SECO dans un communiqué.

Bruxelles et Washington négocient depuis un an un traité qui donnerait naissance à la plus grande zone de libre-échange au monde. Les deux parties espèrent parvenir à un accord avant fin 2015.

/ATS


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