L'Ukraine refuse l'augmentation de prix du gaz russe

L'Ukraine "n'accepte pas" le nouveau prix du gaz que veut lui imposer la Russie, à près de 500 dollars (450 francs) les 1000 mètres cubes, a affirmé samedi le Premier ministre ukrainien de transition. Moscou a de son côté chiffré à 11,4 milliards de dollars la dette de Kiev pour les réductions accordées ces quatre dernières années.

Après l'annonce par Moscou d'une augmentation de 80% du prix de ses livraisons gazières à l'Ukraine, Arseni Iatseniouk a assuré lors du conseil des ministres que "la pression politique (était) inacceptable. Et nous n'acceptons pas le prix de 500 dollars".

"La Russie a échoué à s'emparer de l'Ukraine par l'agression armée. Elle lance maintenant le plan pour s'emparer de l'Ukraine par l'agression gazière et économique", a ajouté le Premier ministre. Il a appelé son gouvernement à être prêt "à ce que la Russie restreigne ou stoppe les livraisons de gaz" à l'Ukraine.

Recours à l'arbitrage

De son côté, le ministre de l'Energie, Iouri Prodan, a affirmé que faute d'accord sur le prix du gaz, Kiev saisira une cour d'arbitrage comme le prévoit le contrat sur les livraisons gazières russes. "Nous allons essayer de trouver un accord. Si nous n'y arrivons pas, nous saisirons la cour d'arbitrage", a-t-il dit.

Moscou a annulé cette semaine deux ristournes accordées à l'Ukraine sur ses livraisons gazières, dont Kiev est très dépendant. En 72 heures le prix en est ainsi passé de 268 à 485 dollars les 1000 mètres cube, un des prix les plus élevés en Europe.

Le président de la compagnie gazière russe Gazprom, Alexeï Miller, a affirmé samedi que l'Ukraine devrait rembourser 11,4 milliards de dollars. Ce montant correspond à la réduction sur le prix du gaz qui avait été accordée à Kiev ces quatre dernières années.

Cette réduction était prévue par l'accord de Kharkiv, signé en avril 2010. Ce traité prolongeait jusqu'en 2017 l'utilisation par la Flotte de la Mer Noire russe de sa base de Sébastopol, en Crimée.

Puisque cet accord a été annulé cette semaine, a soutenu M. Miller au cours d'une interview aux télévisions russes d'Etat, l'Ukraine doit rembourser.

/ATS


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