Juncker prône la calinothérapie entre Européens, étrille Washington

Le Premier ministre luxembourgeois et vétéran européen Jean-Claude Juncker, qui a longtemps piloté aux destinées de la zone euro, a prôné lundi soir à Athènes une calinothérapie entre pays européens pour resouder le vieux continent en déclin et le sauver face à une crise qui "vient des Etats-Unis".

Quelques jours après une attaque lancée par le FMI vis-à-vis des Européens sur leur mauvaise gestion supposée de la crise grecque, et un an tout juste avant les prochaines élections européennes menacées par la montée des nationalismes, M. Juncker a prononcé en français devant les principaux responsables du gouvernement grec un vibrant éloge de l'idée européenne, "rempart contre la guerre".

Le Luxembourgeois a mis en garde contre les "populistes" qui menacent l'équilibre du continent, "alors que ce n'est pas l'Europe qui a déclenché la crise, mais les Etats-Unis".

Non dépourvu d'autocritique sur le suivisme des Européens face aux "gourous" de tous ordres, la leçon d'Europe de M. Juncker s'est accompagnée d'un soutien enthousiaste à la Grèce, aux réformes mises en route et aux succès obtenus depuis 2010 et la mise en place de deux plans successifs de sauvetage financier du pays par une "troika" composée de l'UE, de la BCE et du FMI, au prix d'énormes sacrifices pour la population.

"Ce n'est pas nous qui avons déclenché la crise, c'est les Etats-Unis, où la crise économique est née de la trahison des principales vertus de l'économie sociale et de marché", a martelé M. Juncker.

"Nous avons toujours suivi les gourous et nous sommes dans la situation où nous sommes aujourd'hui", a-t-il lancé, c'est-à-dire une Europe en récession, avec des taux de chômage record, surtout chez les jeunes.

"Nous avons en Europe omis de nous intéresser aux autres, nous avons perdu le sens de l'amour des autres, que savez vous, vous, les Grecs des Finlandais du nord, de la Slovaquie? rien", a-t-il dit. "Nous avons conçu un système où tout le monde parle et codécide sans connaître la situation des autres, il faudra que nous réapprenions à nous aimer les uns les autres (...) C'est un processus long", a-t-il dit.

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