Journée de grève générale en Grèce contre la fermeture de l'ERT

La Grèce se prépare à vivre jeudi une nouvelle journée de grève générale pour protester contre la fermeture temporaire des trois chaînes de télévision et des radios du service public par le gouvernement du premier ministre Antonis Samaras.

Les deux principaux syndicats du pays prévoient un arrêt de travail dans le secteur privé et dans l'administration pendant 24 heures pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "décision en forme de coup d'Etat visant à bâillonner une information impartiale".

Le gouvernement grec a expliqué que la fermeture des chaînes de l'ERT n'était que temporaire et qu'elles seront relancées sous une forme moins coûteuse pour les finances publiques.

Le budget annuel de l'ERT, qui compte environ 2600 salariés, dont 600 journalistes, est de 300 millions d'euros (quelque 370 millions de francs) pour une audience cumulée de 13% de part de marché.

Remous

La décision a provoqué des remous au sein de la coalition gouvernementale et ranimé une atmosphère de tensions dans un pays en proie à l'une des plus graves crises économiques de son histoire.

"Le gouvernement abolit les droits des travailleurs et des citoyens un par un, d'une manière systématique et autocratique", a commenté le syndicat ADEDY, qui représente les salariés de la fonction publique.

"Nous appelons chaque salarié et chaque citoyen à lutter pour renverser les projets catastrophiques du gouvernement", ajoute la centrale syndicale.

Un syndicat de journalistes a pour sa part appelé à un mouvement de grève illimité, empêchant la parution de certains journaux et obligeant les chaînes commerciales à rediffuser d'anciens programmes pour occuper l'antenne.

Sinécures

De nombreux Grecs considéraient les trois chaînes de l'ERT comme des sinécures dans lesquelles certains partis politiques plaçaient des alliés. Mais la brutalité avec laquelle est intervenu l'arrêt de la diffusion a été ressentie comme un choc par la population.

Samaras a affirmé qu'il soutiendrait un projet de réforme de l'audiovisuel public, afin de rendre son organisation plus efficace et moins coûteuse pour les finances publiques.

Le chef du gouvernement a dénoncé l'hypocrisie de ceux qui contestaient sa décision et s'est dit déterminé à modifier un "système qui ne veut pas renoncer à ses privilèges".

La Grèce ne doit plus être "un Jurassic Park, le seul endroit sur terre où les dinosaures ont survécu", a-t-il raillé.

/SERVICE


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