France: violentes manifestations suite à la mort de Rémi Fraisse

La manifestation contre les violences policières organisée samedi à Nantes à la mémoire de Rémi Fraisse a dégénéré. Elle s'est soldée par au moins cinq blessés parmi les manifestants et deux chez les policiers, l'un touché par une bouteille d'acide.

Rémi Fraisse a été tué lors d'affrontements avec les forces de l'ordre le week-end dernier, à Sivens, sur le chantier d'un projet de barrage contesté et suspendu depuis. D'autres défilés ont été organisés en France. Le plus important a eu lieu à Toulouse où les échauffourées ont fait un blessé léger parmi les policiers.

A Nantes, la manifestation a commencé à dégénérer en milieu d'après-midi dans l'artère principale de la ville, alors que le début du défilé avait été plutôt pacifique.

Les slogans étaient néanmoins virulents: "La police mutile, la police assassine" ou encore "Flics, porcs, assassins", "police nationale, milice du capital".

Selon le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet, les manifestants étaient entre 500 et 600, mais c'est un groupe d'environ 200 protestataires "très déterminés" qui ont cherché l'affrontement avec les forces de l'ordre. Seize d'entre eux ont été interpellés.

Bouteilles d'acide

"Les manifestants ont lancé des bouteilles remplies d'acide sur les forces de sécurité", a-t-il affirmé. "Un policier a été blessé par l'une de ces bouteilles", a-t-il précisé lors d'un point-presse. Ce policier a été touché à la main.

Du côté des manifestants, selon les journalistes de l'AFP, l'un a subi un coup de matraque dans la tempe et deux ont été atteints aux jambes par des éclats de grenades. Un quatrième a été touché au dos par une balle de caoutchouc, et un cinquième au visage. Il a eu le nez fracturé et très abîmé, a rapporté la préfecture, précisant que quatre personnes ont été admises à l'hôpital.

Les manifestants, parmi lesquels de nombreux opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, ont utilisé des projectiles variés: bouteilles, fusées de détresse, panneaux de signalisation, poubelles et "projectiles contondants, des pavés", selon le préfet.

Les protestataires répondaient à l'appel des organisateurs de ce rassemblement, des mouvances radicales anti-capitalistes qui entendent "exiger l'arrêt des meurtres et mutilations perpétrées par l'Etat". D'autres rassemblements, réunissant entre 100 et 200 personnes, se sont déroulés à Lille, Amiens, Bordeaux, Avignon, Montpellier, Brest ou Saint-Brieuc. A Toulouse, les manifestants étaient 600, selon la police.

/ATS


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