Des banques doivent revoir leur copie en cas de faillite (Fed)

Les autorités américaines de régulation des banques estiment que les projets de "testaments" déposés par onze grandes banques américaines et européennes doivent être revus, indique la Réserve fédérale (Fed). Ces établissements, parmi lesquels UBS et Credit Suisse, avaient soumis leurs scénarios en 2012.

Ils les avaient ensuite revus en 2013. Malgré ces améliorations, la Fed et l'autre régulateur, la FDIC, "ont identifié des faiblesses qui devront être corrigées" lors d'une nouvelle soumission de ces scénarios de démantèlement en 2015, indique la Fed dans un communiqué.

La loi de réforme financière Dodd Frank adoptée après la crise financière de 2008 réclame aux banques gérant plus de 50 milliards de dollars d'actifs et à certains grands établissements financiers de prévoir des scénarios de démantèlement ordonné en cas de faillite, appelés "testaments" ("Living wills").

Parmi les lacunes dans les projets des grandes banques, les régulateurs estiment par exemple que les établissements financiers font des hypothèses parfois "irréalistes ou pas correctement étayées sur le comportement des clients, partenaires, investisseurs (...) ou régulateurs", précise le communiqué de la Fed.

Démarche peu claire

Le vice-président de la FDIC Thomas Hoenig juge que "chaque plan soumis comporte des lacunes et manque de démontrer avec conviction comment, en cas de faillite, ces groupes pourraient surmonter les obstacles (...) sans précipiter une crise financière".

"En dépit des milliers de pages soumises, ces scénarios ne fournissent pas de démarche crédible ou claire pour traverser une faillite sans requérir d'aide publique directe ou indirecte", ajoute-t-il.

Les onze banques ont jusqu'au 1er juillet 2015 pour soumettre de nouveaux "testaments". Il s'agit des américaines Bank of America, Bank of New York Mellon, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley et State Street Corp. Outre les établissements helvètes UBS et Credit Suisse, y figurent aussi la britannique Barclays et l'allemande Deutsche Bank.

"Too big to fail"

Ces "plans de résolution" doivent permettre de répondre aux problèmes posés par les "too big to fail" (trop importants pour faire faillite), ces géants bancaires dont une faillite déstabiliserait l'ensemble du système financier et qui bénéficient, de fait, d'une garantie implicite des Etats.

Aux Etats-Unis comme en Europe, les pouvoirs publics avaient dû débloquer des plans de sauvetage massifs pour éviter la faillite de leurs grandes banques lors de la crise financière de 2008.

/ATS


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