Cuba s'attend à une accélération de sa croissance l'an prochain

Le gouvernement cubain estime que Cuba va connaître une croissance économique de 4% l'an prochain. Ce qui semble traduire son espoir que la normalisation des relations avec les Etats-Unis permettra de sortir l'île de plusieurs années de relative stagnation.

Le ministre cubain de l'Economie, Marino Murillo, s'est exprimé vendredi devant l'Assemblée nationale. Il a déclaré que la croissance allait accélérer pour passer de 1,3% cette année, à 4% en 2015.

Au cours des débats, les quelque 600 députés ont symboliquement ratifié à l'unanimité "une déclaration de soutien à l'allocution du président Raul Castro (mercredi) sur les décisions prises pour entamer le processus de normalisation avec les Etats-Unis", rapporte l'agence de presse officielle cubaine.

Les débats se sont prolongés et le discours du président Raul Castro prévu en soirée a été reporté à samedi. Habituellement ce discours est retransmis par les médias d'Etat.

"Groupe des cinq"

Le Parlement se réunit deux fois par an, en juillet et en décembre. Il débuté sa session dans la matinée de vendredi en présence des cinq agents cubains qui avaient été arrêtés en 1998 aux Etats-Unis alors qu'ils avaient infiltré les milieux anticastristes de Floride.

Deux d'entre eux avaient été libérés en 2013 et 2014. Washington a annoncé mercredi avoir libéré les trois autres membres de ce "groupe des cinq", considérés dans leur pays comme des "héros de la lutte antiterroriste".

En échange, Cuba a accepté de relâcher un agent cubain du renseignement américain détenu à Cuba depuis près de 20 ans. Selon des sources américaines, La Havane a également libéré 53 prisonniers politique en plus d'Alan Gross. Ce dernier, un Américain, avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison à Cuba pour avoir introduit du matériel de transmission satellitaire interdit dans l'île communiste.

"Signal favorable"

Ancien responsable de la banque centrale cubaine, Pavel Vidal juge que le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis va avoir pour effet immédiat d'accroître les investissements et les revenus à Cuba.

"Cela envoie un signal très favorable à la communauté internationale sur l'avenir de l'économie. Cela va stimuler la demande via le tourisme et cela va accroître les transferts d'argent vers les individus et le secteur privé", énumère-t-il.

A ses yeux, une prévision de croissance de 4% en 2015 aurait paru irréaliste il y a seulement une semaine. La percée diplomatique avec les Etats-Unis la rend désormais crédible, même si l'essentiel de l'embargo américain sur Cuba n'est pas encore levé.

Transferts d'argent

"Tout a changé", affirme un ambassadeur européen. "Les investisseurs vont avoir hâte d'arriver avant les Américains, les créanciers vont avoir un peu plus confiance et dans chaque négociation commerciale, Cuba sera désormais dans une position plus forte."

Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi la fin de plus d'un demi-siècle de rupture diplomatique avec Cuba. Il a aussi présenté une série de mesures destinées à faciliter les transferts d'argent et de biens vers le secteur privé à Cuba.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus