"Cessez de m'insulter!", demande Juncker aux élus europhobes

"Cessez de m'insulter!", s'est exclamé lundi devant le Parlement européen le président de la Commission Jean-Claude Juncker, à l'intention des élus europhobes. Ceux-ci ont déposé contre lui une motion de censure après les révélations sur le scandale LuxLeaks.

Cette motion de censure, déposée par le groupe EFDD (Europe de la liberté et de la démocratie directe), présidé par le leader de l'Ukip britannique Nigel Farrage, sera soumise jeudi au vote des eurodéputés. Mais elle n'a pratiquement aucune chance d'aboutir, M. Juncker ayant le soutien des principaux groupes politiques.

M. Juncker "a permis à des multinationales de se mettre des milliards dans les poches" grâce au système d'évasion fiscale en place au Luxembourg, dont il a été Premier ministre de 1995 à 2013, a fustigé l'Italien Marco Zanni, du "Mouvement Cinq étoiles".

"Vous êtes entaché, et tant que vous serez à ce poste, cette tache va s'étendre à toute la Commission", a lancé de son côté le Britannique Steven Woolfe. "Aucune personne sensée ne peut croire que vous pourrez vous battre sincèrement et fermement pour défaire demain ce que vous avez fait", a encore dit la présidente du Front national français, Marine Le Pen. "Ce serait aussi crédible que de nommer Al Capone président de la commission 'sécurité et éthique'", a raillé l'élue d'extrême droite.

"Je le dis très solennellement, s'il vous plaît, cessez de m'insulter!", a rétorqué le président de l'exécutif européen. La nouvelle Commission "va lutter contre l'évasion fiscale et contre la fraude fiscale", a-t-il assuré, plaidant "pour l'harmonisation fiscale", mais pas contre la "concurrence fiscale" sauf si elle est "malsaine" car "déloyale". "Ne mettez pas en doute ma parole", a-t-il insisté.

Soutien des autres groupes politiques

Face aux europhobes - qui ne détiennent qu'une centaine de sièges sur 751 - M. Juncker a pu compter sur le soutien de la plupart des autres groupes politiques.

"Je veux que la Commission puisse continuer à travailler", a ainsi déclaré le chef de file des conservateurs, Manfred Weber. Si le Parlement faisait chuter l'exécutif, le plan d'investissement de 300 milliards d'euros promis par l'équipe de M. Juncker tomberait à l'eau, "des mois seraient nécessaires pour former un nouveau collège.

"Votons contre cette stupide motion", a encore lancé le libéral Guy Verhofstadt. Pour l'écologiste Rebecca Harms, "cette affaire relance un malaise sur certains aspects du fonctionnement de l'Europe (...) Pour autant, il ne suffit pas de dire 'apportez-moi la tête de Jean-Claude Juncker' pour que tout soit réglé".

/ATS


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