BNS: Un "oui" à l'initiative serait "fatal" pour l'institution

L'initiative pour sauvegarder les réserves d'or de la Banque nationale suisse (BNS) combine un seuil minimum de métal jaune avec une interdiction de le revendre. Un défaut qui pourrait être "fatal" au bon fonctionnement de l'institution, selon son président.

"Associer un quota fixe avec une interdiction de vendre serait fatal", met en garde Thomas Jordan, dans un entretien accordé au "Matin Dimanche" et à la "SonntagsZeitung". "Cela limiterait les activités à long terme de la BNS".

L'initiative, soumise au peuple le 30 novembre, impose un quota fixe d'un certain actif - dans le cas présent l'or - à la banque centrale, une contrainte "peu judicieuse" mais acceptable. "Nous devrions simplement garder plus d'or au lieu de dollars et de yens", explique Thomas Jordan. Mais l'institution ne pourrait pas le revendre si elle devait réduire le volume de son bilan.

Aux mains des spéculateurs

L'initiative pourrait même attiser l'appétit des spéculateurs. "Ils ne peuvent guère rêver mieux que d'avoir la certitude qu'il y a quelqu'un qui va devoir acheter quelque 70 milliards de francs d'or et qu'il ne puisse ensuite les remettre sur le marché", avertit le président de l'institut d'émission.

Pour rappel, le texte laisse à la BNS un délai de cinq ans pour augmenter sa part d'or de 7,5 à 20% et rapatrier les 30% de son stock actuel entreposés dans les banques centrales anglaise et canadienne. La BNS dispose à ce jour de 1040 tonnes d'or. Les initiants estiment que ces mesures sont indispensables pour garantir la stabilité du franc suisse.

Taux plancher, un "instrument central"

Un argument que rejette Thomas Jordan. "Ce n'est pas la quantité d'or gardée par la Banque nationale qui détermine la stabilité des prix et celle du franc suisse, mais notre politique monétaire". "Autrefois nous avions beaucoup plus d'or qu'à présent. Et malgré cela, nous avions une inflation bien plus forte".

Pour le Biennois, le maintien du cours plancher de 1,20 franc pour un euro reste "l'instrument central" pour maintenir la stabilité des prix.

/ATS


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