Ambiance électrique au grand raout des socialistes français

Le Parti socialiste au pouvoir en France règle ses comptes ce week-end, à l'occasion de sa traditionnelle université d'été à La Rochelle. Le grand rassemblement s'est ouvert vendredi dans une ambiance électrique, sous la pression de l'aile gauche du PS français.

Il se terminera dimanche par un discours du Premier ministre Manuel Valls. Le virage social-libéral affiché du chef de gouvernement devrait susciter des débats tendus, particulièrement avec l'aile gauche du parti.

Samedi, la présence de la ministre de la Justice Christiane Taubira à une réunion des socialistes "frondeurs", à quelques encablures de l'espace où se déroule l'université d'été du PS, a fait sensation. "On peut entendre les débats, je ne vois vraiment pas où est le problème", a-t-elle dit. Mme Taubira a expliqué vouloir lutter contre la "démoralisation" qui gagne le pays.

"La politique, c'est le courage de s'interroger sur les espaces que nous créons pour nous entendre, pour nous comprendre, pour nous disputer et pour nous rassembler, et je veux y prendre ma part (...) et j'en assume les conséquences", a dit celle qui incarne aujourd'hui l'une des dernières figures de l'aile gauche du gouvernement.

Devant quelque 300 à 400 personnes, les contestataires du club "Vive la gauche" ont appelé à la mise en oeuvre d'un "plan d'urgence" avec du "pouvoir d'achat supplémentaire". L'aile gauche du PS a vécu comme une "provocation" l'arrivée mardi de l'ex-banquier Emmanuel Macron à la tête du ministère de l'Economie.

Gouvernement "esseulé"

Ce n'est pas l'ovation debout reçue par Manuel Valls par le patronat mercredi qui a pu calmer les esprits: dans un discours aux tonalités libérales inhabituelles chez un dirigeant socialiste français, le Premier ministre a proclamé son "amour" pour l'entreprise.

Sans les écologistes et sans les contestataires de cette ligne économique, vilipendé par ses ex-alliés d'extrême gauche, le gouvernement est "esseulé", a reconnu vendredi le chef du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

Mais il a averti ses troupes: "Je me porte garant des débats, mais je ne saurais accepter qu'ils aient pour but de renverser le gouvernement". L'hypothèse que les députés "frondeurs" (une quarantaine) refusent de voter la confiance à Manuel Valls en septembre ou octobre semble de fait improbable.

/ATS


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