Un lien filial incontestable entre Maurice Béjart et Eiji Mihara

Il y avait bien des liens de nature filiale entre Maurice Béjart, décédé en 2007, et Eiji Mihara. Le Tribunal fédéral (TF) relève que la relation entre les deux hommes, qui a duré vingt-cinq ans, justifie pleinement cette adoption posthume.

Dans ses considérants diffusés vendredi, la Haute Cour explique les motifs qui l'ont conduit à admettre l'adoption d'Eiji Mihara, un Japonais né à Yokohama en 1960. Une décision inattendue révélée le mois dernier.

Dans une lettre de motivation dactylographiée et signée, écrite trois semaines avant son décès, survenu le 22 novembre 2007, Maurice Béjart avait écrit que "Eiji est le fils que je n'ai pas eu". "C'est lui qui m'est le plus proche".

Selon le TF, la Cour cantonale vaudoise, qui avait écarté la demande d'adoption, a fait plusieurs erreurs. C'est à tort qu'elle a écarté le témoignage de François Weyergans, ami de longue date de Béjart, sans expliquer pourquoi elle le jugeait "insuffisant".

Témoignage capital

Or, le romancier était ami depuis cinquante ans avec Maurice Béjart. A l'exception d'Eiji Mihara, il était la seule personne à être restée presque en permanence au côté du chorégraphe durant l'hospitalisation ayant précédé sa mort.

Plusieurs déclarations de François Weyergans attestent clairement du lien filial. "Si les autres témoins ont laissé entendre que l'adoption aurait été motivée par des raisons économiques, ils l'ont expliquée en ce sens que le chorégraphe se souciait de ce qu'Eiji Mihara allait advenir une fois qu'il ne serait plus là", souligne le TF.

Inquiétude légitime

Cette inquiétude n'exclut en rien l'existence d'un lien de nature filiale, au contraire, ajoute la Haute Cour. Contrairement à ce qu'avait retenu le Tribunal cantonal vaudois, on ne peut déduire que le fait que Béjart ait attendu d'être mourant pour engager la procédure renforcerait la thèse d'une motivation purement financière.

"Le fait de vouloir régler à la veille de sa mort des affaires dont il parlait depuis longtemps, qu'il avait jusqu'alors remises à plus tard, ne paraît de surcroît en aucun cas inhabituel", ajoute le TF.

/SERVICE


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