Interdiction du spectacle de Dieudonné à Nantes maintenue

Le Conseil d'Etat a maintenu jeudi l'interdiction du spectacle que l'humoriste polémiste Dieudonné devait donner en soirée à Nantes. La justice a finalement donné raison au ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui entend poursuivre le combat contre "les petits entrepreneurs de la haine".

Saisie par le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls, la plus haute juridiction administrative du pays a décidé d'annuler l'ordonnance du tribunal administratif de Nantes qui avait suspendu jeudi après-midi l'interdiction du spectacle "Le Mur" dans la salle du Zénith.

L'interdiction du spectacle a provoqué à Nantes la colère de centaines de fans. "Valls démission!", "Liberté d'expression!", ont-ils crié aux abords de la salle de spectacle quadrillée par des forces de l'ordre en nombre. Quelque 6300 spectateurs étaient attendus.

"Dieudonné lance un appel au calme, les choses se régleront après", a déclaré un de ses avocats, Me Jacques Verdier, sur i>Télé. L'humoriste a confirmé son appel sur sa page Facebook.

"La République a gagné, (...) elle ne peut pas tolérer la haine de l'autre, le racisme, l'antisémitisme, le négationnisme", a réagi Manuel Valls lors d'un déplacement à Brest. "La plus haute juridiction de notre pays l'a dit et l'a dit clairement", a-t-il affirmé.

Dieudonné attendu à Nyon

Le spectacle de jeudi à Nantes devait lancer une tournée de Dieudonné en France. D'autres mesures d'interdiction ont été prises dans d'autres villes françaises et la justice administrative devait à nouveau se prononcer vendredi à Orléans (centre).

L'humoriste doit se produire à Nyon (VD) en février. La Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) a annoncé jeudi qu'elle ne tolérera "aucun débordement antisémite" lors de la venue de Dieudonné en Suisse.

"Provocations préalables"

Artiste sulfureux" et "banni", Dieudonné ne serait pas antisémite, selon son avocat, mais seulement un militant "pro-palestinien".

Son geste controversé de la "quenelle" ne serait d'ailleurs qu'un "bras d'honneur revisité", selon Jacques Verdier. Manuel Valls y voit un geste antisémite.

/ATS


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