Décès de Cornelius Gurlitt, le détenteur du "trésor nazi"

L'octogénaire allemand Cornelius Gurlitt, chez qui ont été retrouvées plus de 1400 oeuvres d'art, est mort mardi matin. Parmi les pièces découvertes figurent certaines volées à des juifs sous le nazisme.

Ce vieillard isolé, vivant dans un appartement munichois au milieu de toiles de maîtres tels que Chagall ou Matisse, avait été propulsé malgré lui en novembre dernier sous les projecteurs des médias du monde entier après la révélation par la presse de la découverte de son "trésor". L'affaire avait relancé le débat sur la restitution des oeuvres dérobées aux juifs sous le IIIe Reich.

"Cornelius Gurlitt est mort" mardi matin "dans son appartement de Schwabing (à Munich) en présence de son médecin et d'un infirmier", a déclaré son porte-parole, Stephan Holzinger.

Opération du coeur

"Après une difficile opération du coeur et un séjour de plusieurs semaines en clinique, il avait souhaité retourner dans son appartement de Schwabing. Là, il était suivi médicalement jour et nuit ces dernières semaines", a-t-il ajouté.

Début avril, M. Gurlitt avait conclu un accord avec l'Etat allemand pour restituer les peintures ayant fait l'objet de spoliations par les nazis, à leurs ayants droit. Elles devaient cependant être identifiés dans un délai d'un an.

Il y a presque deux ans, ce fils d'un marchand d'art au passé trouble sous le IIIe Reich s'était vu confisquer par la justice allemande, dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale, des tableaux ayant appartenu à son père, parmi lesquels des oeuvres de grands maîtres comme des Picasso, Matisse, Cézanne, Renoir ou Dix.

Enrichir le IIIe Reich

Pendant des décennies Hildebrand Gurlitt, père de Cornélius, avait pu circuler sans encombre entre l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse pour en faire commerce.

Le ministre de la Propagande du IIIe Reich, Joseph Goebbels, avait chargé Hildebrand Gurlitt de vendre à l'étranger les oeuvres d'art "dégénéré" saisies afin d'enrichir l'Etat allemand. Gurlitt avait vendu certaines de ces oeuvres à son profit et avait indépendamment acheté des oeuvres à des marchands d'art juifs contraints de s'en séparer.

/ATS


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