Wall Street cède à l'anxiété face au coronavirus

Wall Street chutait à l'ouverture jeudi, poursuivant sa dégringolade alors que la progression ...
Wall Street cède à l'anxiété face au coronavirus

Wall Street cède à l'anxiété face au coronavirus

Photo: KEYSTONE/EPA/JUSTIN LANE

Wall Street chutait à l'ouverture jeudi, poursuivant sa dégringolade alors que la progression mondiale du coronavirus alarmait encore plus les investisseurs, qui privilégiaient des actifs jugés moins risqués.

Aux alentours de 15H15 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, tombait de 2,31%, à 26'335,50 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, cédait 2,70%, à 3041,41 points.

Le Dow Jones et le S&P 500 s'apprêtaient à enregistrer leur sixième séance de baisse consécutive. Le Dow Jones a abandonné plus de 10% par rapport à son record, atteint le 12 février.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, baissait lui de 2,70%, à 8738,03 points. Il a abandonné plus de 3% plus tôt dans la séance.

Signe de l'aversion pour le risque des acteurs du marché, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américains continuait d'évoluer proche de son plus bas historique, à 1,256%.

Toutefois, selon Art Hogan, de National, ce niveau n'est pas 'un indicateur d'une récession, mais plutôt le signe d'une ruée vers les actifs plus sûrs comme l'or, le dollar ou les actions générant de forts dividendes'.

Le taux obligataire américain à 30 ans était également proche de son plus bas historique, à 1,753%.

La Bourse de New York avait terminé sans direction claire mercredi, peinant à repartir de l'avant dans un marché toujours craintif face à l'épidémie de pneumonie virale: le Dow Jones avait reculé de 0,46% tandis que le Nasdaq s'était apprécié de 0,17%.

Le président américain, Donald Trump, s'est voulu confiant mercredi soir, assurant qu'une large propagation à grande échelle du nouveau coronavirus aux Etats-Unis n'était pas inévitable.

Mais le Centre de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) a annoncé un premier cas 'd'exposition inconnue' en Californie, cette personne n'ayant ni voyagé dans les zones à risque ni été en contact avec un autre malade.

Plus de 78'000 personnes ont jusqu'ici été contaminées en Chine, dont près de 2.800 mortellement. Le coronavirus touche également des dizaines d'autres pays, où le bilan est de quelque 3600 contaminations et plus de 50 morts.

En plus du bilan humain, les observateurs s'alarment de plus en plus des conséquences économiques de l'épidémie.

Croissance contaminée

Dans une note diffusée jeudi, les analystes de Goldman Sachs anticipent que les entreprises américaines ne connaîtront pas de croissance de leurs bénéfices en 2020 si le coronavirus continue sa progression.

'La révision à la baisse de nos prévisions reflète le fort déclin de l'activité économique chinoise au premier trimestre, la baisse de la demande pour les exportateurs américains, la perturbation de la chaîne d'approvisionnement, le ralentissement de l'activité économique américaine et une incertitude renforcée', écrivent-ils

Illustration de cette prudence, Microsoft (-2,3%) a émis mercredi un avertissement sur résultats, indiquant qu'il ne tiendrait pas ses objectifs de vente trimestriels pour Windows et sa gamme d'ordinateurs Surface à cause des retards dans la productions provoqués par le coronavirus.

Parmi les autres valeurs, Best Buy reculait de 3,2%. La chaîne de magasins de produits électroniques a publié des résultats supérieurs aux attentes mais s'est dite incapable de mesurer l'impact précis du coronavirus sur son chiffre d'affaires.

Gilead Sciences progressait en revanche de 1,9%. La biotech américaine a annoncé mercredi qu'elle allait débuter deux essais cliniques en mars pour traiter des patients contaminés par le coronavirus.

Au rang des indicateurs, la croissance des Etats-Unis a ralenti en 2019, à 2,3% contre 2,9% en 2018, les entreprises ayant modéré leurs investissements, selon les données du département du commerce publiées jeudi.

La croissance reste solide comparée aux grands pays européens mais elle demeure loin des 3% visés par le président américain, Donald Trump.

/ATS
 

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