Un nouveau conflit se profile dans le bâtiment

Un conflit se profile à propos des retraites anticipées dans la construction. Alors que syndicats ...
Un nouveau conflit se profile dans le bâtiment

Un nouveau conflit se profile dans le bâtiment

Photo: KEYSTONE/WALTER BIERI

Un conflit se profile à propos des retraites anticipées dans la construction. Alors que syndicats et représentants patronaux s'apprêtent à ouvrir les discussions en vue de renouveler la CCT, de premières actions de protestation ont été menées sur un chantier bâlois.

L'association patronale de la branche, la Société suisse des entrepreneurs (SSE), et les syndicats Unia et Syna doivent entamer dans dix jours les premières discussions concernant la future convention collective de travail (CCT), l'actuel contrat arrivant à échéance en fin d'année. Pour l'heure, le conflit se concentre sur la retraite anticipée dont bénéficient les travailleurs dès 60 ans.

Au vu de l'évolution démographique, un grand nombre de salariés va atteindre l'âge de 60 ans ces prochaines années et toutes les parties sont conscientes que le système de retraites anticipées va au-devant de difficultés financières. Depuis l'automne dernier, Unia demande à la SSE d'ouvrir des discussions sur ce problème, explique Nico Lutz, le porte-parole du syndicat, interrogé par l'ats.

Afin de rééquilibrer les finances de la Fondation de retraite anticipée (FAR), laquelle finance les rentes transitoires perçues par les retraités dès 60 ans jusqu'à l'âge ordinaire de la retraite, Unia propose un relèvement général des cotisations. Le syndicat se dit aussi prêt à discuter sur les prestations. L'objectif consiste à éviter de pénaliser la seule génération des baby-boomers.

Rentes trop basses

La SSE souhaite pour sa part soit relever l'âge de la retraite anticipée, soit réduire les prestations. Selon la proposition de l'association patronale, un travailleur bénéficiant d'une retraite anticipée à 60 ans verrait sa rente diminuer de 20%, explique son président, Gian-Luca Lardi, également contacté par l'ats.

L'alternative patronale consiste en un relèvement de l'âge de la retraite anticipée à 62 ans , sans perte financière sur la rente. Des propositions que rejette M. Lutz: 'à un montant moyen de 4500 francs, les rentes sont trop basses pour être encore réduites. Et pas question de toucher à l'âge de la retraite, la plupart des salariés de la branche n'étant déjà plus apte à travailler avant 60 ans.

'Attaquer la retraite à 60 ans dans la construction consiste à s'en prendre à la dignité des travailleurs de la construction' martèle M. Lutz. Dans ce contexte, les syndicats ont commencé à consulter les salariés sur d'éventuelles mesures de lutte.

Mercredi à Bottmingen (BL), une cinquantaine de travailleurs de la firme Frutiger ont mené une action de protestation durant la pause de midi. Ils se sont prononcés à l'unanimité en faveur de mesures de lutte.

Manifestation le 23 juin

Les prochains mois s'annoncent chargés pour les négociateurs de la SSE et des syndicats, ceux-ci devant non seulement aborder le problème du financement des retraites anticipées, mais aussi le renouvellement de la convention nationale du secteur principal de la construction (CN). Les avis des partenaires sociaux divergent notamment sur les baisses de salaires des salariés les plus âgés ainsi que la hausse de la durée du travail.

Les syndicats prévoient l'organisation d'une manifestation à Zurich le 23 juin prochain. Et la rentrée pourrait bien s'annoncer animée sur le front social, des actions de protestation et des grèves d'avertissement étant à l'étude pour l'automne, poursuit M. Lutz.

Alors que l'actuelle CN est entrée en vigueur avec effet rétroactif au 1er janvier 2016, les délégations de la SSE et des syndicats Unia et Syna s'étaient entendues le 8 décembre sur une solution dans le cadre de leurs négociations. Ce compromis avait mis fin à des mois de discussions serrées, ponctuées de grèves. Tant la SSE que les syndicats avaient dû mettre de l'eau dans leur vin pour rendre ce résultat possible.

La CN avait notamment consacré un relèvement des cotisations des employeurs et des travailleurs à la FAR, afin de pérenniser le régime de retraite à 60 ans dans le secteur. Les versements patronaux ont été relevés de 1,5 point à 5,5%, et ceux des travailleurs majorés de 0,5 point à 1,5%.

Négocier avec la SSE

Depuis l'automne dernier, les syndicats exigent de négocier directement avec la SSE, alors que l'association patronale veut que les discussions concernant la retraite anticipée se déroulent au sein de la FAR. La SSE reproche aux représentants des travailleurs de bloquer l'assainissement de la fondation.

Du point de vue des syndicats, la SSE délègue sa responsabilité à la FAR. Mais cette dernière n'est pas habilitée à changer elle-même les règles portant sur la retraite anticipée.

/ATS
 

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