Un comité ne veut pas des médias « nourris » par l'Etat

Un comité opposé aux mesures d'aide aux médias adoptées par le Parlement juge celles-ci inacceptables ...
Un comité ne veut pas des médias « nourris » par l'Etat

Un comité ne veut pas des médias

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Un comité opposé aux mesures d'aide aux médias adoptées par le Parlement juge celles-ci inacceptables du point de vue constitutionnel, dangereuses du point de vue démocratique et discriminatoires du point de vue de la concurrence. Il a lancé un référendum mardi.

'C'est très simple: si l'Etat nourrit les médias, ils deviennent des médias contrôlés par l'Etat', a résumé Philipp Gut mardi devant les médias à Berne. Le journaliste de la Weltwoche, éditeur et conseiller en communication estime important d'éviter 'l'apparence de partialité des médias'.

Le comité référendaire s'interroge sur la constitutionnalité de ce paquet d'une aide totale de 150 millions. 'La Commission de la concurrence a condamné la distribution directe d'argent aux groupes de presse comme étant anticonstitutionnelle, biaisant la concurrence et inefficace', a relevé Peter Weigelt.

Le conseiller en communication et ancien conseiller national (PLR/SG) s'est également étonné que l'article 93, intitulé 'Radio et télévision', soit étendu à la presse. 'Nous sommes convaincus que les constructions juridiques douteuses ne feront illusion durant le débat public', a-t-il ajouté.

Pas pour les gratuits

Seuls les médias payants recevront de l'argent public, a également pointé du doigt le comité référendaire 'Non aux médias contrôlés'. Ses membres craignent qu'à terme cela n'affaiblisse l'offre en matière de médias gratuits en ligne.

'Si le train de mesures est adopté, les médias en ligne gratuits tels que 20min.ch ne recevront pas un seul centime de subvention', a abondé Alec von Barnekow, président des jeunes PLR fribourgeois. En revanche, leurs concurrents directs, qui ont un modèle économique différent, recevraient 'des subventions généreuses'. Le tournant numérique a déjà eu lieu constate le Fribourgeois, qui 'ne comprend pas pourquoi nous devons subventionner un marché qui a déjà changé'.

Contenus influencés

Les mesures d'aide aux médias freineraient également l'innovation et influenceraient les contenus. 'Il existe déjà des exigences, notamment sur la question du genre, qui influencent les critères de financement et qui influencent directement les profils politiques des offres médiatiques', a relevé Christian Keller, fondateur du média en ligne bâlois Prime News.

Les Chambres fédérales ont mis sous toit lors de la session d'été paquet d'aide aux médias. Il crée notamment une aide aux médias en ligne, dotée de 30 millions de francs par an et visant à favoriser la transition numérique. Les contributions versées pourront atteindre au maximum 60% du chiffre d'affaires généré par l'entreprise.

Le projet étend également l'aide indirecte à la presse à travers la loi sur la poste. A l'avenir, la distribution matinale des journaux devra aussi être soutenue. Une enveloppe de 120 millions est prévue pour la distribution régulière et matinale des quotidiens et des hebdomadaires en abonnement, ainsi pour la presse associative et celle des associations.

Les agences de presse auront également droit à un soutien financier. Pour ce faire, elles devront notamment garantir une offre équivalente en allemand, français et italien. La distribution de dividendes sera interdite pendant la période d'octroi du soutien financier. Ce volet concerne l'agence Keystone-ATS.

/ATS
 

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