Référendum contre la pérennisation de trois ouvertures dominicales

A Genève, les syndicats et la gauche lancent, comme prévu, un référendum contre la révision ...
Référendum contre la pérennisation de trois ouvertures dominicales

Référendum contre la pérennisation de trois ouvertures dominicales

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

A Genève, les syndicats et la gauche lancent, comme prévu, un référendum contre la révision de la loi sur les heures d'ouverture des magasins (LHOM). Celle-ci pérennise la possibilité d'ouvrir trois dimanche par an et introduit l'ouverture jusqu'à 19h00 le samedi.

Proposée par le gouvernement, la modification de la LHPM a été adoptée par la majorité de droite au Grand Conseil fin avril. Outre l'ouverture dominicale en plus du 31 décembre et l'allongement de l'ouverture du samedi de 18h00 à 19h00, le texte supprime la nocturne du jeudi jusqu'à 21h00. Le reste est inchangé: fermeture à 19h00 en semaine et à 19h30 le vendredi.

La gauche et les syndicats ont dénoncé mardi devant les médias une dégradation des conditions de travail des vendeuses et vendeurs, mais aussi un passage en force. En 2016, les Genevois acceptaient l'ouverture de trois dimanches par an et du 31 décembre - férié au bout du lac - à condition qu'il existe une convention collective de travail (CCT) étendue dans le secteur, a rappelé Pablo Guscetti, d'Unia.

Deux ans plus tard, le Grand Conseil votait une loi permettant aux commerces d'ouvrir trois dimanche en fin d'année, malgré l'absence d'une CCT cadre. Attaquée par un référendum, cette loi expérimentale de deux ans a été acceptée par le souverain en 2019. Aujourd'hui, les syndicats perdent tout espoir de voir aboutir une CCT étendue, la Nouvelle organisation des entrepreneurs ayant quitté la table des négociations lors de l'introduction du salaire minimum cantonal.

'Plus de vie de famille'

'Nous appelons la population à venir en aide au personnel de la vente', a déclaré Pablo Guscetti. Selon les syndicats, le travail le dimanche n'est pas systématiquement fait sur une base volontaire. 'Si on refuse, on est sur une liste noire et on n'obtient plus rien', a expliqué une vendeuse. Le canton ne prévoit pas d'augmenter les contrôles, a fait savoir Pablo Cruchon, député d'Ensemble à Gauche.

Pour les Verts, une grosse partie de cette réforme va peser sur les femmes, qui représentent deux tiers du personnel dans la vente. 'Elles n'auront plus de vie de famille', a déploré le député Pierre Eckert. Pour son homologue socialiste Romain de Sainte Marie, 'la réforme tombe à une période difficile pour le petit commerce, alors que les grands magasins s'en sortent bien.'

'On relance l'économie sur le dos des salariés', a critiqué Pablo Cruchon, rappelant que les vendeurs ont déjà vu leurs conditions de travail se dégrader lors de la première vague de Covid-19, avec une perte de 20% de leurs revenus. Davide de Filippo, président de la Communauté genevoise d'action syndicale, estime que seule une hausse des salaires, et donc du pouvoir d'achat, va aider le commerce local.

Les référendaires doivent désormais faire entendre ces arguments auprès de la population. Ils ont jusqu'au 16 juin pour récolter 5398 signatures valables.

/ATS
 

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