RUAG devra dissocier ses activités suisses et internationales

L'entreprise d'armement RUAG dissociera ses activités suisses des internationales dès 2020 ...
RUAG devra dissocier ses activités suisses et internationales

RUAG devra dissocier ses activités suisses et internationales

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

L'entreprise d'armement RUAG dissociera ses activités suisses des internationales dès 2020. La structure internationale pourrait être privatisée. Le Conseil fédéral a approuvé mercredi le concept présenté par la holding et demandé d'étudier certaines pistes.

Le gouvernement avait fixé les premiers jalons en mars. Principal enjeu: séparer les flux financiers et les systèmes informatiques, afin d'accroître la sécurité. RUAG avait fait l'objet d'une cyberattaque en décembre 2015. Plus de 20 Giga octets de données lui avaient alors été volés.

Une décision sera prise d'ici la fin de l'été concernant la dissociation des systèmes informatiques. Ceux qui reviendront à la structure suisse devront satisfaire aux normes de sécurité de l’armée. Les coûts de la dissociation, qui seront assumés par RUAG, sont estimés à 60, voire 70 millions de francs.

Structure suisse

Une nouvelle société de participation, baptisée MRO Holding sera chargée, par le biais de sa filiale MRO Suisse, de fournir les prestations destinées à l’armée suisse. Elle assumera principalement des activités aujourd’hui rattachées à RUAG Defence et RUAG Aviation.

Il s’agira en premier lieu de tâches de maintenance, de réparation et de révision ainsi que de prestations liées à la maintenance de systèmes importants au niveau opérationnel comme les F/A-18. Un représentant du Département fédéral de la défense devrait siéger au conseil d’administration de MRO Suisse et de MRO Holding.

Cette proposition de RUAG fait écho aux exigences posées par le Contrôle fédéral des finances et de commissions parlementaires pour une plus grande transparence et davantage d'influence de la Confédération en tant qu’actionnaire.

Privatisation

Une privatisation de ce secteur est exclue par le Conseil fédéral. La Confédération entend en rester l’actionnaire unique et conserver ainsi le contrôle total des unités d’affaires travaillant presque exclusivement pour l’armée. Le gouvernement souhaite en revanche que RUAG planche sur une privatisation de RUAG International.

Cette structure rassemblera les domaines liés aux technologies de défense qui commercialisent des prestations importantes à des tiers et ont des clients autres que l’armée. Lui seront aussi rattachés tous les domaines peu sensibles du point de vue sécuritaire, notamment RUAG Space, RUAG Aerostructures, RUAG Ammotec et RUAG Cyber.

Des travaux visant à développer RUAG International sont en cours. De gros investissements sont nécessaires pour développer les divisions Space, Aerostructures et Cyber. Mais tant que la Confédération est actionnaire unique, ces investissements, réalisés en grande partie à l’étranger, sont difficiles à justifier car ils ne présentent pas une utilité suffisante pour l’armée suisse.

Le Conseil fédéral demande donc à RUAG de soumettre des options de privatisation, éventuellement partielle, d'ici la fin de l'année. Les avantages et inconvénients par rapport au statu quo devront être présentés. L'entreprise devra aussi étudier la cession de certaines unités d’affaires stratégiques.

/ATS