Plateforme de données commune: percée entre éditeurs privés et SSR

Les éditeurs privés et la SSR se rapprochent pour contrer la concurrence des géants de l'Internet ...
Plateforme de données commune: percée entre éditeurs privés et SSR

Plateforme de données commune: percée entre éditeurs privés et SSR

Photo: KEYSTONE/URS FLUEELER

Les éditeurs privés et la SSR se rapprochent pour contrer la concurrence des géants de l'Internet sur le marché publicitaire. Un rapprochement a eu lieu ces derniers jours en vue de la création d'une plateforme de données commune, selon le CEO de Ringier Marc Walder.

Il y a encore une année, l'ambiance avait été glaciale entre les deux groupes de presse Ringier et Tamedia lors du Swiss Media Forum, la grande réunion annuelle des médias suisses. La poursuite du recul des recettes publicitaires et du nombre d'abonnements a visiblement incité les éditeurs et se rasseoir depuis à la même table.

Ces derniers sont parvenus à la conclusion que malgré un nombre de visites 'considérable' sur leurs sites d'informations, ils n'étaient pas en mesure de tenir le haut du pavé face à des plateformes comme Google, Facebook ou Amazon. Celles-ci captent quelque 80% des recettes publicitaires numériques, a souligné Marc Walder dans un entretien à Keystone-ATS en marge de l'édition 2018 du Swiss Media Forum à Lucerne.

Un login commun

Marc Walder a cité l'exemple de Google. Les utilisateurs d'applications comme Google Search, Google News, Gmail, Google Maps ou encore Youtube laissent derrière eux toute une série de données que la firme californienne exploite pour créer des profils d'utilisateurs. Ces données permettent ensuite de proposer de la publicité ciblée.

Avec cette initiative unique en Europe, les groupes NZZ, Ringier, Tamedia, AZ Medien et la SSR entendent mettre sur pied une plateforme de données commune. Les entretiens n'ont pas été faciles, a relevé M. Walder. Mais une percée a pu finalement être obtenue.

Les éditeurs privés et la SSR veulent dans un premier temps créer un login commun pour leurs différentes plateformes. Il s'agira d'inscrire son prénom, nom, lieu de résidence et d'autres informations. 'Nous porterons une très grande attention à la protection des données', a assuré le CEO de Ringier, qui a cité dans ce contexte la carte d'identité numérique Swiss ID.

L'alliance consultera la Commission de la concurrence pour s'assurer de la conformité du projet avec la législation en vigueur.

Retard à combler

Actuellement, la qualité des données d'utilisateurs est encore trop faible en Suisse, a expliqué Marc Walder. Les médias suisses doivent rattraper leur retard dans ce domaine. La base de données sera accessible à tous les partenaires du projet, qui sera aussi ouvert à des entreprises médiatiques plus petites.

Au terme du Swiss Media Forum, les partenaires se sont une nouvelle fois réunis avec le directeur général de la SSR Gilles Marchand pour discuter de questions de détail. Ils mettront sur pied un groupe de travail conduit par une personnalité neutre et composé de spécialistes en provenance des différentes entreprises.

Marc Walder a encore relevé que le projet n'avait rien à voir avec Admeira, la régie publicitaire commune entre Swisscom et Ringier, dont la SSR faisait partie encore récemment. Il n'y a pas non plus de lien avec le groupe Goldbach, racheté par Tamedia, ainsi qu'avec Audienzz, la société de commercialisation numérique contrôlée par la NZZ.

Les 'éléphants' d'une même voix

Lors d'une 'ronde des éléphants' sur la crise des médias vendredi au Swiss Media Forum, les éditeurs ont convenu de la nécessité de s'allier. A l'image du patron de la NZZ Felix Graf, selon lequel un tel rapprochement ne peut pas prendre des années. Car les médias se trouvent au milieu d'une bataille pour leur survie.

Pour le directeur de Tamedia Pietro Supino, il faudrait même que les bases soient disponibles avant la fin de l'année. Le directeur général de la SSR Gilles Marchand a dit comprendre la nécessité d'une telle collaboration.

/ATS
 

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