Parmelin voit pour l'OMC un rôle face aux prochaines pandémies

Le conseiller fédéral Guy Parmelin estime l'OMC 'centrale' pour rapprocher commerce et santé ...
Parmelin voit pour l'OMC un rôle face aux prochaines pandémies

Parmelin voit pour l'OMC un rôle face aux prochaines pandémies

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Le conseiller fédéral Guy Parmelin estime l'OMC 'centrale' pour rapprocher commerce et santé face aux prochaines pandémies. Alors que cette institution fête ses 25 ans, MSF appelle elle la Suisse à ne pas s'opposer à des exceptions de brevets sur les produits Covid.

Dans un discours pour l'anniversaire de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, officiellement en janvier dernier mais qui a été célébré jeudi, M. Parmelin a appelé les Etats membres à valoriser celle-ci dans le contexte actuel. Il faut que 'nous soyons mieux préparés à faire face à de futures crises sanitaires', a estimé le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

Or, l'OMC a un 'rôle central' pour renforcer la collaboration sur la santé. Malgré la réduction de la 'confiance' dans la globalisation ces dernières années, le conseiller fédéral a répété que le commerce mondial contribuerait à sortir de la crise économique actuelle. 'Aucun pays n'est en mesure de produire seul' les composantes pour affronter une telle pandémie, a-t-il aussi ajouté.

Les restrictions imposées par certains au début de la crise ont freiné la réponse générale face au Covid. Alors même que l'approvisionnement a permis d'acheminer rapidement médicaments, matériel de protection personnelle ou denrées alimentaires.

Discussion avec des membres

La Suisse répète qu'elle souhaite que le vaccin et les médicaments contre le Covid soient accessibles à tous. Et elle a entamé avec d'autres Etats membres une réflexion pour établir comment l'OMC 'pourrait mieux nous aider à faire face à la prochaine pandémie'.

Mais elle a été ciblée jeudi par Médecins Sans Frontières (MSF). L'ONG lui reproche, ainsi qu'à des pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, de s'opposer à des exceptions aux règles de l'OMC sur la propriété intellectuelle pour faciliter le commerce des technologies contre le Covid. Celles-ci, proposées par plusieurs pays en développement, sont soutenues par une centaine des 164 membres et les discussions doivent se poursuivre.

Plus largement, M. Parmelin a rappelé l'attachement de la Suisse à l'OMC dont l'importance est cruciale pour le fonctionnement de l'économie du pays. Les règles de l'organisation, attaquée régulièrement par le président américain Donald Trump, 'sont la meilleure défense contre le protectionnisme'. D'autant plus face aux incertitudes actuelles sur la scène internationale, selon lui.

'Bien commun global'

Pour autant, l'institution fait face à une crise institutionnelle depuis que les Etats-Unis, qui ont menacé à plusieurs reprises d'en sortir, ont rendu dysfonctionnel son tribunal d'appel. Alors que le directeur général est parti depuis plusieurs mois déjà, Washington s'oppose également à la désignation de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala comme patronne de l'organisation.

Face à ces difficultés, M. Parmelin appelle à réfléchir à la méfiance sur les institutions multilatérales pour 'surmonter les blocages'. Il demande également d'engager les réformes qui s'imposent, souhaitées par de nombreux Etats membres, pour affronter les nombreux défis.

La communauté internationale doit continuer à oeuvrer à la réduction de la pauvreté et la reprise devra être durable, selon le chef du DEFR. Et de souhaiter des discussions à l'OMC sur le commerce et l'environnement, alors que la Suisse a lancé cette semaine avec d'autres acteurs une plateforme sur cette question. M. Parmelin a aussi abordé l'importance d'avancer sur le commerce électronique ou vers un accord sur les subventions à la pêche. 'L'OMC est un bien commun global', a-t-il encore affirmé.

/ATS