PAC: Feu vert des Etats, Bruxelles réfute tout éco-blanchiment

Les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept ont approuvé lundi le compromis avec les eurodéputés ...
PAC: Feu vert des Etats, Bruxelles réfute tout éco-blanchiment

PAC: Feu vert des Etats, Bruxelles réfute tout éco-blanchiment

Photo: KEYSTONE/DPA-Zentralbild/PATRICK PLEUL

Les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept ont approuvé lundi le compromis avec les eurodéputés sur la réforme de la PAC destinée à verdir l'agriculture de l'UE. La Commission a réfuté les accusations de éco-blanchiment.

'Nous sommes arrivés à un bon accord, équilibré' pour une politique agricole commune (PAC) 'plus durable et équitable', 'soutenant la transition vers une agriculture respectueuse de l'environnement et du climat' tout 'en préservant la compétitivité des exploitations', a déclaré la ministre portugaise Maria do Céu Antunes, qui négociait au nom des Etats.

Après des mois d'âpres pourparlers, les négociateurs des Etats et du Parlement européen se sont accordés vendredi sur la nouvelle PAC, dotée d'un budget de 387 milliards d'euros sur sept ans et qui s'appliquera à partir de janvier 2023.

'Ecorégimes'

Elle s'appuie sur les 'écorégimes', primes accordées aux agriculteurs respectant des critères environnementaux et auxquelles les Etats devront consacrer 25% des paiements directs.

Sont également prévus des mesures pour la biodiversité (terres non cultivées, rotation des cultures...), le conditionnement des aides au respect des droits des travailleurs, et un alignement des politiques nationales sur les objectifs environnementaux de l'UE (Pacte vert climatique, réduction des pesticides...).

Encore des détails à régler

Réunis au Luxembourg, les ministres européens ont formellement endossé ce compromis. De nombreux 'détails techniques' doivent encore être discutés entre les Etats, avant la conclusion d'un texte qui sera soumis au vote des eurodéputés à l'automne.

Les Etats devront soumettre d'ici fin 2021 leur 'plan stratégique national' (leur manière de définir les écorégimes et d'appliquer la PAC) à la Commission pour approbation.

'Cet accord va permettre de consolider la souveraineté alimentaire européenne (...) et d'accompagner nos agriculteurs à se préparer face aux défis comme le changement climatique', a estimé le ministre français Julien Denormandie.

Compromis 'désastreux'

Les eurodéputés verts et des ONG fustigent cependant un compromis 'désastreux' et des règles environnementales jugées trop peu contraignantes. Devant la presse, le commissaire européen Janusz Wojciechowski s'est attaché à démonter ces critiques.

'Ces écorégimes sont une opportunité pour les petites exploitations familiales, une aide supplémentaire' qui leur donne les moyens, en adoptant de meilleures pratiques écologiques 'de faire face à la concurrence' des grandes exploitations, a-t-il fait valoir, pointant aussi les aides aux jeunes agriculteurs.

Certes, les objectifs environnementaux européens ne sont pas 'juridiquement contraignants', a-t-il reconnu. Mais, selon lui, les Etats feront tout pour les prendre en compte dans la PAC: 'Nous continuerons de dialoguer et persuader', a-t-il insisté, car ces règles 'sont au bénéfice des agriculteurs'.

/ATS
 

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