Matériel de guerre: tollé à gauche, la droite satisfaite

La volonté du Conseil fédéral d'assouplir l'ordonnance sur les exportations d'armes suscite ...
Matériel de guerre: tollé à gauche, la droite satisfaite

Matériel de guerre: tollé à gauche, la droite satisfaite

Photo: KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

La volonté du Conseil fédéral d'assouplir l'ordonnance sur les exportations d'armes suscite un tollé à gauche. La tradition des bons offices et la neutralité helvétiques sont menacées, selon le PS et les Verts. Mais le PLR, l'UDC et la branche saluent la décision.

Pour le PS, 'Johann Schneider-Ammann, Ignazio Cassis et leurs collègues bourgeois montrent le mépris qu'ils accordent au respect des droits humains dans les régions en crise'. Le parti exige que la version actuelle de l'ordonnance sur le matériel de guerre soit respectée et que toutes les licences d'exportation vers des pays en proie à des conflits internes ou internationaux soient immédiatement suspendues.

Pour les Verts, la décision du Conseil fédéral est, tout comme la pratique actuelle, contraire à la loi et injustifiable du point de vue des droits humains. En outre, elle met en péril la tradition des bons offices de la Suisse neutre: celui qui a livré des armes à une partie dans un conflit ne peut plus être considéré comme un médiateur impartial, soulignent les Verts.

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) écrit dans un communiqué que le Conseil fédéral 'trahit la tradition humanitaire de la Suisse'. Cédant aux 'jérémiades du lobby de l'armement', le gouvernement lui offre un nouvel assouplissement après celui de 2014: en plus de pouvoir exporter des armes dans des pays violant systématiquement les droits humains, il sera ainsi possible d'en livrer à ceux où se déroule une guerre civile.

PDC 'très critique'

Le PDC est 'très critique' par rapport à la décision du Conseil fédéral, a indiqué à Keystone-ATS son porte-parole Michaël Girod. 'Il n'y a pas de raison pour l'instant d'assouplir l'ordonnance sur les exportations d'armes', selon le parti.

L'UDC en revanche salue la décision gouvernementale. Elle aide à assurer les 10'000 emplois du secteur, qui lutte à armes inégales avec la concurrence européenne, souligne le conseiller national bernois Werner Salzmann. La neutralité suisse n'est pas violée, puisqu'il s'agit uniquement d'exportations vers des pays en conflit interne, a-t-il estimé.

Le PLR lui aussi juge que cela permet à la Suisse de disposer de son propre savoir-faire. Une industrie de l’armement performante et prospère est essentielle pour la capacité d’autodéfense, et de ce fait aussi pour sa crédibilité et sa souveraineté. 'Dans le cadre de la procédure d’autorisation, il conviendra d'examiner au cas par cas si la neutralité pourrait être violée', a précisé la porte-parole du parti Karine Barras.

La branche 'soulagée'

La branche accueille quant à elle la nouvelle avec 'soulagement'. 'Le Conseil fédéral a reconnu la situation précaire de l'industrie' et pris une décision en faveur d'adaptations 'modérées' de l'ordonnance, écrit le Cercle de travail sécurité et techniques de défense. Même avec cet assouplissement, les directives suisses en la matière restent 'très strictes', estime le groupe d'intérêt.

'C'est un pas dans la bonne direction', estime Ivo Zimmermann, porte-parole de Swissmem, la faîtière de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux. Mais même ainsi, les entreprises suisses sont soumises à des critères plus sévères que leurs concurrents dans des pays comparables de l'Union européenne, a-t-il ajouté.

/ATS
 

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