Londres et Bruxelles s'accordent sur l'Irlande du Nord

Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont aplani mardi leurs différences sur l'Irlande du Nord ...
Londres et Bruxelles s'accordent sur l'Irlande du Nord

Londres et Bruxelles s'accordent sur l'Irlande du Nord

Photo: KEYSTONE/EPA/JULIEN WARNAND

Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont aplani mardi leurs différences sur l'Irlande du Nord, levant un sujet de dissensions. Et ce avant un déplacement crucial de Boris Johnson à Bruxelles pour sortir les négociations commerciales post-Brexit de l'impasse.

A seulement trois semaines de la rupture définitive, les obstacles à un compromis permettant d'éviter un 'no deal' restent les mêmes. Mais les deux parties ont au moins réussi à s'entendre sur l'application du traité qui encadrait la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier dernier.

Une réunion à Bruxelles a permis d'arriver à un 'accord de principe' sur les dispositions douanières spécifiques à l'Irlande du Nord, censées éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande.

Le gouvernement britannique va donc retirer les articles d'un projet de loi controversé actuellement examiné au Parlement, qui visaient à les contourner mais violaient de son propre aveu le droit international, au nom de la nécessité d'assurer la continuité des échanges entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne.

L'Union européenne avait lancé une procédure d'infraction et des responsables du Parlement européen menaçaient de ne pas ratifier un éventuel accord de libre-échange si ces mesures étaient maintenues.

Soulagement irlandais

La nouvelle a soulagé l'Irlande, en première ligne du choc qui s'annonce le 31 décembre prochain, quand le Royaume-Uni va sortir du marché unique et de l'union douanière. 'Et j'espère que c'est un signe que le Royaume-Uni est d'humeur à arriver à un accord et que l'élan va se poursuivre dans les négociations sur la relation future', a réagi le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney.

La fin de la période de transition post-Brexit approche dangereusement, mais les discussions entre Britanniques et Européens continuent d'achopper sur les trois mêmes sujets: l'accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées à Londres en matière de concurrence en échange d'un accès sans droits de douanes ni quotas à son immense marché.

'Je suis toujours optimiste, mais je dois être honnête avec vous, la situation en ce moment est délicate. Nos amis doivent comprendre que le Royaume-Uni a quitté l'UE pour pouvoir exercer un contrôle démocratique. Nous en sommes encore loin', a averti le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Chercher une 'issue politique'

De son côté, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier a rappelé que l'UE ne sacrifierait 'jamais (son) avenir' pour conclure un accord post-Brexit au prix de concessions qui fragiliseraient son marché unique.

Boris Johnson, qui assure que son pays 'prospérera vigoureusement' avec ou sans accord commercial et exclut de continuer à négocier en 2021, doit rencontrer 'dans les prochains jours' la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour tenter de débloquer les discussions.

Il s'agit de 'voir s'il y a une issue politique', les négociateurs étant allés 'aussi loin qu'ils peuvent', a déclaré le porte-parole de M. Johnson.

Le jour de la venue du Britannique n'est pas encore fixé, mais il ne devrait pas participer au sommet européen prévu jeudi et vendredi dans la capitale belge. Il n'est pas non plus prévu qu'il rencontre le Français Emmanuel Macron ou l'Allemande Angela Merkel.

A l'issue d'un entretien téléphonique lundi, Boris Johnson et Ursula von der Leyen avaient déjà dressé un constat pessimiste, estimant que les conditions pour finaliser un accord n'étaient 'pas réunies'.

Un échec exigerait la préparation de mesures d'urgence car un 'no deal' entraînerait, dès le 1er janvier, des échanges fondés sur les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, potentiellement dévastateurs pour des économies déjà fragilisées par la pandémie.

S'il est conclu, un accord commercial - de plus de 700 pages - devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d'entrer en vigueur le 1er janvier. Ce qui apparaît de plus en plus acrobatique avec la nouvelle prolongation des négociations.

/ATS