Les taxes sur les tomates mexicaines vont « encourager la migration »

Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils imposaient des droits anti-dumping sur les tomates ...
Les taxes sur les tomates mexicaines vont « encourager la migration »

Les taxes sur les tomates mexicaines vont

Photo: KEYSTONE/AP/REBECCA BLACKWELL

Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils imposaient des droits anti-dumping sur les tomates mexicaines. 'C'est le contraire d'une politique intelligente', a estimé mercredi le président mexicain car cette décision va encourager l'émigration vers le nord.

La décision américaine vise à collecter des droits antidumping de 17,5% sur les exportations vers les Etats-Unis d'un secteur qui emploie environ 1,4 million de personnes au Mexique. 'Ces mesures vont à l'encontre des efforts pour réduire le phénomène migratoire', a dénoncé Lopez Obrador au cours de sa conférence de presse quotidienne.

Selon lui, elles vont entraîner une diminution de l'activité au Mexique et pourrait donc pousser des travailleurs mexicains de l'autre côté de la frontière. 'Fermer les frontières aux producteurs (mexicains) est contradictoire si vous voulez résoudre le problème de la migration'.

La mesure imposée par Washington résulte de l'abrogation d'un accord passé entre les deux pays en 2013 qui suspendait une enquête concernant un dumping présumé sur les tomates mexicaines. Le Mexique, qui fournit la moitié des tomates consommées aux Etats-Unis, rejette ces accusations de dumping et estime que ces taxes lui coûteront plus de 350 millions de dollars par an.

Traité de libre-échange trilatéral

Selon Lopez Obrador, la décision américaine est liée à l'élection présidentielle à venir aux Etats-Unis (en novembre 2020) et cela est 'totalement injuste'. 'Il y a des producteurs de tomate dans certaines régions particulières' a-t-il relevé, se référant vraisemblablement à la Floride et à l'Ohio.

Le Mexique a exporté pour environ deux milliards de dollars de tomates l'an dernier vers les Etats-Unis. C'est le troisième produit agricole le plus exporté vers son voisin du nord après la bière et les avocats.

Ce regain de tension intervient alors que Washington, Mexico et Ottawa n'ont toujours pas ratifié leur accord de libre-échange (AEUMC). Aux Etats-Unis, cette ratification se heurte à l'opposition de certains républicains qui exigent la levée de droits de douane sur l'acier et l'aluminium en tant que préalable à tout feu vert.

Le président mexicain avait appelé le 30 avril Washington à ratifier le texte après l'approbation par le Mexique d'une réforme du travail exigée par ses partenaires. Cet accord doit remplacer l'Aléna en vigueur depuis 1994 qui a conduit de nombreuses sociétés américaines à délocaliser leur production vers le Mexique où la main-d'oeuvre est moins chère.

/ATS
 

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