Les sous-traitants horlogers misent sur la diversification

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Les sous-traitants horlogers misent sur la diversification

Les sous-traitants réunis au salon 'EPHJ, le Monde de la haute précision' à Genève comptent sur la diversification de leurs activités et de leurs clients pour faire face au manque de visibilité et aux incertitudes de l'économie mondiale.

Plus de 815 exposants spécialistes de l'horlogerie, des microtechniques et des technologies médicales sont réunis jusqu'à ce vendredi au Palexpo de Genève.

'Alors que 50% de nos affaires sont dans l'horlogerie, nous avons l'ambition de répartir les risques et de développer notre diversification en premier lieu dans le médical puis dans l'aéronautique', a indiqué à AWP le directeur général (CEO) d'Acrotec, François Billig, lors du salon EPHJ-EPMT-SMT, rebaptisé 'EPHJ, le monde de la haute précision' pendant cette 18e édition.

Le groupe basé à Develier, qui compte quinze sociétés en Suisse et en France, a ainsi procédé à deux acquisitions dans ces deux domaines depuis le début de l'année. 'On va poursuivre cette stratégie dans les prochains mois, mais si l'on voit une bonne opportunité dans le secteur horloger, c'est aussi envisageable. On veut créer un pôle médical à l'instar de notre pôle horloger. On a des contacts avec des sociétés dans ce domaine.'

M. Billig a assuré qu'un des objectifs est de réaliser 30% du chiffre d'affaires dans l'horlogerie, 30% dans le médical et 30% dans l'automobile et l'aéronautique. 'Cela me paraît un bon équilibre. La diversification permet d'être plus résistant en cas de crise et d'ailleurs c'est vu d'un bon oeil par nos clients dans l'horlogerie'.

Une tendance confirmée par Alexandre Catton, le directeur du salon genevois. 'On voit de plus en plus d'entreprises actives dans un secteur et aussi dans la medtech et la microtechnique, même si l'on conserve le socle horlogerie-joaillerie'.

Des acquisitions en Suisse

Le médical est porteur alors que la population vieillit et a davantage besoin d'implantologie pour le dos ou les genoux. Les incertitudes sont plus nombreuses du côté des quatre roues. 'Certains clients nous disent qu'ils ont moins de visibilité, qu'ils sont moins sereins face aux problèmes géopolitiques, à la guerre commerciale, notamment dans l'industrie automobile', a ajouté M. Billig.

Acrotec, qui compte près de 1000 employés, a dépassé la barre des 200 millions de francs de chiffre d'affaires au cours des douze derniers mois. Elle garde l'ambition d'entrer en Bourse une fois une taille suffisante atteinte, fixée à 300 millions de francs de ventes. 'On veut grossir en croissance externe et interne. Nous n'avons pas la pression du temps', a ajouté celui qui est confiant pour les affaires du groupe en 2019.

François Billig souhaite avant tout procéder à des acquisitions en Suisse. 'Il y a une grande expérience dans la micromécanique, la miniaturisation. Et là, il y a une transversalité entre le médical et l'horloger.'

S'il regarde les exportations horlogères, il y voit plus une tendance qu'un indicateur clé. Celles-ci ont progressé de 11,4% au mois de mai à plus de 2 milliards de francs, alors que les volumes ont en revanche reculé de plus de 9%. 'Quand les clients se portent bien, on en profite. Notre cible est le moyen-haut de gamme, les pièces vendues à un prix public entre 1000 et 1500 francs. Ce qui nous intéresse, ce sont les volumes.'

Proposer une offre variée

De son côté, Agenhor, spécialisée dans la conception de mécaniques et de mouvements horlogers complexes à Meyrin, compte sur la variété de ses clients pour faire face aux exigences toujours plus nombreuses des marques.

'Elles ont un pouvoir considérable, a reconnu auprès d'AWP Nicolas Wiederrecht, qui dirige la société de 20 salariés avec son frère. Il y a de plus en plus de juridique, même pour les petites marques. On passe un temps fou à lire ces documents! Ce rapport de force, je ne le connaissais pas avant', a ajouté celui qui a commencé à travailler il y a quinze ans.

Agenhor compte une bonne dizaine de marques comme clients, à l'image de Fabergé, Singer ou Hermès. Il s'est en revanche réjoui de voir davantage 'd'horizontalité' chez les marques, qui cherchent à nouveau des spécialistes, après avoir intégré certaines fonctions dans leurs manufactures.

'Il faut une offre pour se rendre incontournable, élargir notre palette, des modules simples aux mouvements très compliqués. Les marques cherchent chez nous un dynamisme, de la créativité', a assuré celui pour qui le salon EPHJ est un bon moyen de remplir son carnet de contacts.

La prochaine édition aura lieu du 16 au 19 juin 2020.

/ATS