Les récoltes en Suisse ont souffert en 2021 de la météo extrême

La météo extrême de l'année 2021 n'a pas épargné les récoltes en Suisse, historiquement basses ...
Les récoltes en Suisse ont souffert en 2021 de la météo extrême

Les récoltes en Suisse ont souffert en 2021 de la météo extrême

Photo: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

La météo extrême de l'année 2021 n'a pas épargné les récoltes en Suisse, historiquement basses pour certains produits agricoles. Les pruneaux et les abricots ont particulièrement souffert tandis que la récolte de miel s'est réduite au quart de l'année précédente.

Des gels tardifs, des précipitations abondantes avec à la clé des inondations et des tempêtes de grêle ont durement touché les récoltes dans de nombreuses régions, déplore jeudi l'agence d'information agricole romande (AGIR). L’automne a tout de même quelque peu sauvé la situation.

'La saison des fruits d’été est littéralement tombée à l'eau', selon le rapport du Service alémanique d'information agricole LID transmis par AGIR. Avec 1300 tonnes, les rendements pour les pruneaux ne correspondent qu’à 40% de la moyenne sur cinq ans. Pour les abricots, ils s'élèvent à 2200 tonnes, soit 35% de cette moyenne.

Les baies s’en sont mieux sorties, notamment parce qu’une grande partie d’entre elles sont cultivées sous tunnel. Les intempéries ont cependant aussi endommagé des installations entières, et les dégâts se chiffrent en dizaines de millions de francs, selon le rapport.

Le mauvais temps a aussi touché la production animale. Après une récolte record l’an passé - jusqu’à 40 kilos de miel par colonie dans certains cantons -, celle de cette année a chuté de 75% à 7,2 kilos de miel en moyenne par colonie. Le prix de vente du miel a aussi décollé en raison de la rareté de ce produit.

Salades importées

Selon les variétés, les pommes ont mieux résisté au mauvais temps. Avec 120'000 tonnes de pommes de table, les récoltes se situent presque au même niveau que 2020 mais celles de pommes à cidre ont été extrêmement faibles. Au total, 3800 tonnes de poires à cidre et 42'250 tonnes de pommes à cidre ont été livrées et transformées dans les cidreries suisses, ce qui ne représente même pas la moitié de la récolte de l’an passé.

Les cultures maraîchères ont aussi connu une saison difficile en raison des intempéries de l'été. Si en temps normal, il n'est pas nécessaire d'importer des salades en été pour couvrir la demande, cette année, environ la moitié de la marchandise a temporairement fait défaut en juillet et en août.

Les cultures sous serre ont quant à elles ressenti le manque de soleil. Pour les légumes de garde tels que les carottes ou les oignons, la perte est estimée entre 25 et 30%. Si la situation s’est un peu améliorée en automne, la branche restera touchée jusqu'à l'an prochain et il faudra recourir plus largement aux importations, prévoit l'Union maraîchère suisse, citée dans le rapport.

30% de céréales panifiables en moins

La grêle et les inondations ont porté un coup dur aux pommes de terre: la récolte est d’environ 30% inférieure à la moyenne sur cinq ans et même réduite de moitié pour les patates bio. Les récoltes de betteraves ont été faibles, mais tout de même meilleures que ce qui était redouté, davantage épargnées cette année par les maladies.

L'année 2021 aura aussi connu de maigres récoltes de céréales. Toutes les cultures ont subi des pertes. A environ 304'000 tonnes, la récolte de céréales panifiables est inférieure d'un tiers à celle de l’an passé. Celle de colza ne permet pas de couvrir la demande, pas seulement à cause de la météo mais aussi des ravageurs.

Dans la vigne, la situation diffère d’un canton à l’autre. En Valais, le secteur évalue la récolte à la moitié d’une année normale. Dans le canton de Vaud, elle est de 16% inférieure à 2020 et juste légèrement inférieure à la moyenne dans les Grisons. La qualité des vins devrait toutefois être très bonne, grâce à la météo clémente durant l'automne.

La forêt en revanche aura apprécié les abondantes précipitations de l'année écoulée. Celles-ci lui ont permis de se remettre un peu de deux étés extrêmement secs en 2018 et 2019, qui avait favorisé la pullulation du bostryche.

/ATS
 

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