Les Vénézuéliens dans la rue pour les 20 ans de la révolution

L'opposition vénézuélienne menée par le président autoproclamé Juan Guaido défie samedi le ...
Les Vénézuéliens dans la rue pour les 20 ans de la révolution

Des milliers d'opposants défient Maduro dans la rue

Photo: KEYSTONE/AP/FERNANDO LLANO

Des dizaines de milliers d'opposants vénézuéliens dirigés par le président autoproclamé Juan Guaido ont défilé pour exiger du chef de l'Etat Nicolas Maduro qu'il cède le pouvoir. Un général de l'Armée de l'Air a auparavant annoncé faire allégeance à Juan Guaido.

Agitant des drapeaux aux couleurs du Venezuela, les partisans de Juan Guaido se sont réunis samedi en cinq points de la capitale et ont marché vers la représentation de l'Union européenne.

'Liberté! Liberté! Liberté!', scandaient les manifestants en tapant sur des casseroles, tandis que d'autres portaient des pancartes avec le visage du président Maduro barré.

'Maduro assassin'

'Ecoutez la garde (bolivarienne), écoutez le Sebin (services de renseignements), ça va tomber, comme le mur de Berlin', pouvait-on lire par ailleurs. Ou encore: 'Des Vénézuéliens meurent de faim faute de nourriture et de médicaments: Maduro assassin!'.

L'opposition veut envoyer 'un message à l'UE' pour remercier 'tous ces pays qui, très bientôt, vont nous reconnaître', selon Juan Guaido, 35 ans, qui préside le Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition. Celle-ci juge le second mandat de Nicolas Maduro, entamé le 10 janvier, illégitime car issu d'élections frauduleuses.

Juan Guaido a annoncé l'arrivée d'une aide humanitaire destinée au pays à la frontière colombienne, au Brésil et sur une 'île des Caraïbes'. Il a demandé à l'armée de la laisser entrer. Anticipant un mois de février 'qui doit être déterminant', il a appelé ses partisans à ne pas relâcher la pression, lors d'une nouvelle manifestation le 12 février.

Juan Guaido est soutenu par les Etats-Unis, la plupart des Etats latino-américains et certains pays européens. De leur côté, les partisans de Nicolas Maduro, dont beaucoup vêtus de rouge, se sont rassemblés au son de la salsa sur l'avenue Bolivar.

Un général rejoint Guaido

Quelques heures avant le début de ces manifestations, un général de division de l'Armée de l'Air a annoncé faire allégeance à Juan Guaido. Cela alors que Nicolas Maduro compte sur le soutien déterminant des forces armées pour se maintenir au pouvoir.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où il apparaît en uniforme, le général Francisco Yanez rejette 'l'autorité dictatoriale' de Nicolas Maduro et 'reconnaît le député Juan Guaido comme président'.

Se présentant comme directeur de la planification stratégique de l'Armée de l'Air, il est le premier militaire de ce rang à se rallier publiquement à M. Guaido. Jusqu'ici, seul un colonel, attaché de défense aux Etats-Unis, avait franchi le pas.

Le général Yanes a été immédiatement qualifié de 'traître' par l'Armée de l'Air. Les Etats-Unis appellent tous les membres de l'armée à suivre l'exemple du général Yanez, a déclaré dans la foulée sur Twitter le conseiller de la Maison Blanche à la sécurité nationale, John Bolton.

Maduro pour des législatives anticipées

Alors que le Parlement européen a appelé jeudi, en reconnaissant l'autorité de M. Guaido, tous les pays de l'UE à faire de même, six d'entre eux (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolas Maduro jusqu'à dimanche pour convoquer des élections. Faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président.

S'exprimant devant ses partisans à Caracas, Nicolas Maduro a répété être favorable à la tenue d'élections législatives anticipées dans le courant de cette année, alors qu'elles sont prévues en 2020, alors que le Parlement est justement la seule institution contrôlé par l'opposition.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, Nicolas Maduro, 56 ans, rejette l'ultimatum européen et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

Dans une main tendue à la Chine, Juan Guaido a assuré samedi dans le South China Morning Post qu'il honorerait, une fois au pouvoir, les accords conclus entre Pékin et son pays et qu'il souhaitait entamer 'dès que possible' le dialogue avec la Chine.

/ATS
 

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