Les CFF s'alarment d'une hausse des prix et d'une baisse de qualité

La décision de l'Office fédéral des transports (OFT) de partager l'exploitation du trafic ferroviaire ...
Les CFF s'alarment d'une hausse des prix et d'une baisse de qualité

Les CFF s'alarment d'une hausse des prix et d'une baisse de qualité

Photo: Keystone/ALESSANDRO DELLA VALLE

La décision de l'Office fédéral des transports (OFT) d'attribuer l'exploitation des grandes lignes ferroviaires Berne-Bienne et Berne-Berthoud-Olten au BLS inquiète les CFF. Selon l'ex-régie fédérale, les prix vont forcément grimper et la qualité de l'offre baisser.

Avec ces deux liaisons, le BLS obtient 2% du trafic grandes lignes en Suisse, sur lequel les CFF régnaient jusqu'ici en seuls maîtres. Cette décision de partager le réseau 'peut apparaître comme un tout petit pas, mais est en réalité un changement de paradigme irréversible qui menace l'équilibre du système actuel', a assuré devant les médias vendredi le directeur des CFF Andreas Meyer.

Fragmenter la concession entraînerait des hausses de tarifs et une détérioration de l'offre. D'après les calculs de l'ex-régie, ces plans causeraient des surcoûts d'environ 100 millions de francs par an dès 2020, des charges qui entraîneraient des hausses de prix pour clients et commanditaires. L'ambition des CFF de maintenir les prix des billets stables jusqu'en 2020 serait également compromise.

Seul le BLS y gagnerait dans un premier temps, en voyant ses charges baisser de plusieurs millions sur ses deux lignes. Mais au final, tout le monde y perdrait. Et M. Meyer d'agiter le spectre d'un effondrement du système actuel d'horaire cadencé, de tarifs communs, d'information à la clientèle, de gestion des perturbations et de trafic événementiel au cours de la décennie à venir.

'Une étude urgente'

'Il y a des risques importants, et il nous manque une étude globale sur ces risques et les potentiels effets secondaires', poursuit le directeur des CFF. Par exemple, une ouverture mal préparée du marché pour les grandes lignes pourrait entraîner une concurrence délétère contre les grands réseaux européens et un repli des entreprises suisses de transports publics sur les lignes non rentables.

L'OFT a mis en consultation jusqu'au 23 mai prochain ses projets d'octroi de concessions pour le trafic grandes lignes. La décision finale devrait tomber à la mi-juin. Les CFF devraient obtenir la majeure partie des concessions pour une période de dix ans dès fin 2019, sauf les deux lignes octroyées au BLS. S'il devait en être ainsi, l'ex-régie fédérale a annoncé qu'elle déposerait un recours.

Dans le cadre de la concession, les entreprises restent libres de régler l'exploitation de certaines lignes de manière coopérative par un contrat d'exploitation. L'ex-régie a rappelé qu'elle chargerait la Südostbahn d'exploiter deux de ses lignes, ce qu'elle voit comme 'un bon exemple de solution combinant plusieurs compagnies' avec une concession unique de trafic grandes lignes aux CFF.

Un rendement de 8%

En trafic grandes lignes, l'OFT admet désormais pour les entreprises un rendement sur le chiffre d'affaires de 8% au maximum. Les bénéfices supérieurs seront destinés à la contribution de couverture perçue dans le prix du sillon pour financer l'infrastructure ferroviaire. Sur les deux lignes qui reviendraient au BLS, l'OFT renoncerait à percevoir une contribution de couverture.

Ce modèle devrait permettre aux entreprises de continuer à faire des bénéfices 'appropriés et durables' dans le trafic grandes lignes tout en les incitant à proposer des billets à des prix attrayants. A la question de savoir si c'est là l'une des raisons pour lesquelles les CFF montent aujourd'hui au créneau, M. Meyer a botté en touche.

Dégager un compromis

Contactée par l'ats, Helene Soltermann, porte-parole du BLS, a indiqué que la compagnie analysait pour l'heure la proposition de l'OFT et informerait en temps utile. Le BLS ne se prononce pas non plus sur les chiffres avancés par les CFF. Selon Mme Soltermann, le système grandes lignes en Suisse continuerait de bien fonctionner même avec d'autres entreprises intégrées dans la concession.

Comme les CFF, le syndicat du personnel des transports (SEV) est d'avis qu'un partage de la concession induirait un changement de paradigme qui conduirait à une concurrence débridée mettant en danger tout le système. Le SEV condamne néanmoins l'intention des CFF de faire recours en cas d'attribution des deux lignes au BLS et invite plutôt les deux acteurs à coopérer pour dégager un compromis.

/ATS
 

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