Le président iranien Rohani poursuit sa tournée européenne

Le président iranien Hassan Rohani, en quête de partenariats économiques pour contrer le retour ...
Le président iranien Rohani poursuit sa tournée européenne

Le président iranien Rohani poursuit sa tournée européenne

Photo: Keystone/EPA/CHRISTIAN BRUNA

Le président iranien Hassan Rohani, en quête de partenariats économiques pour contrer le retour des sanctions américaines, est mercredi à Vienne. C'est en Autriche qu'avait été scellé l'accord historique mais aujourd'hui menacé sur le programme nucléaire iranien.

Cette visite, jugée 'd'une importance capitale' par Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l'Europe après le retrait américain de l'accord, est assombrie par la récente arrestation d'un diplomate de l'ambassade d'Iran en poste dans la capitale autrichienne. Il est suspecté d'être impliqué dans un projet d'attentat.

Ambassadeur convoqué

Quelques heures avant d'accueillir M. Rohani, Vienne a convoqué en urgence l'ambassadeur d'Iran dans le pays et annoncé que l'Autriche allait retirer son statut de diplomate à l'agent mis en cause. Ce dernier, arrêté samedi en Allemagne, pourrait être extradé prochainement vers la Belgique, où sont coordonnées les investigations sur le projet d'attentat, a indiqué le parquet de Bamberg, dans le sud de l'Allemagne, cité par l'agence DPA.

En raison de la commission présumée d'une infraction dans un autre pays que celui où il est en poste, son immunité diplomatique ne peut être invoquée, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.

'Nous attendons des éclaircissements complets' sur cette affaire, a prévenu mercredi le chancelier Sebastian Kurz lors d'un point presse aux côtés du président iranien. Ce dernier lui a 'assuré soutenir' cette démarche, a-t-il ajouté.

Avec le chef d'Etat autrichien Alexander Van der Bellen, M. Rohani a insisté sur sa volonté de maintenir l'accord obtenu de haute lutte en 2015, signé à Vienne, et supposé empêcher l'Iran d'accéder à l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions qui l'isolaient et étranglaient son économie.

'Garantir les intérêts de l'Iran'

'Tant que c'est possible pour l'Iran, nous resterons partie à l'accord, nous ne quitterons pas le JCPOA (le sigle officiel de l'accord, ndlr), à la condition que nous puissions aussi en profiter', a déclaré M. Rohani. 'Si les autres signataires, hors Etats-Unis, peuvent garantir les intérêts de l'Iran, l'Iran restera dans le JCPOA', a-t-il insisté.

Le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé le texte en mai, faisant planer de lourdes menaces de sanctions sur tous ceux qui voudraient avoir des échanges économiques avec Téhéran. Or l'Iran a besoin de retirer des bénéfices économiques de l'accord, sous la forme d'investissements étrangers, pour garder son économie à flots.

'Nous avons besoin d'un équilibre entre nos devoirs et l'hypothèse de restrictions (...) nous espérons des actions décisives en ce qui concerne le commerce et l'économie', a insisté M. Rohani qui, avant l'Autriche, avait eu des entretiens bilatéraux en Suisse.

Réunion sur le nucléaire vendredi

Un message directement adressé aux cinq autres Etats signataires de l'accord nucléaire (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) dont les ministres des Affaires étrangères doivent se réunir vendredi à Vienne. Ce sera leur première rencontre depuis que Donald Trump a décidé de s'affranchir du pacte ratifié par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

L'activité diplomatique entre l'Iran et l'Autriche a toujours été nourrie. En septembre 2015, quelques semaines après la signature de l'accord nucléaire, le prédécesseur de M. Van der Bellen avait été le premier chef d'Etat occidental à se rendre en visite officielle en Iran depuis 2004.

Avec son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, M. Rohani, conservateur modéré réélu en 2017 avec l'appui des réformateurs, a été le principal artisan iranien de l'accord de Vienne. Il en a fait la pierre angulaire de sa politique d'ouverture vers l'Occident, qui lui vaut d'être sévèrement critiqué par le camp ultraconservateur iranien.

/ATS
 

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