La campagne « Savourer en sécurité » cible les jeunes hommes

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) souhaite rendre attentifs les jeunes hommes ...
La campagne « Savourer en sécurité » cible les jeunes hommes

La campagne

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) souhaite rendre attentifs les jeunes hommes aux quatre règles de base de l'hygiène culinaire. Il apparaît en effet que les infections de type campylobactériose touchent le plus souvent cette catégorie de population.

L'OSAV voudrait faire baisser durablement le nombre d'infections liées aux denrées alimentaires, notamment la campylobactériose, à l'origine de nombreux cas de diarrhée, a-t-il indiqué vendredi aux médias. Une étude du professeur Michael Siegrist, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), montre que cette affection touche principalement les jeunes hommes de 18 à 30 ans.

Or de simples mesures d'hygiène permettent d'éviter la campylobactériose, d'autres infections alimentaires, mais aussi la transmission de germes résistants aux antibiotiques, rappelle l'OSAV. Quatre règles de base devraient être respectées: bien cuire les aliments, assurer une réfrigération adéquate, séparer les denrées et les laver soigneusement.

Grillades et fêtes de fin d'année

Entamée en 2016, la campagne 'Savourer en sécurité' avait déjà pour but de rendre la population attentive aux quatre règles de base de l'hygiène alimentaire. Après son lancement, le nombre de cas d'infections aux bactéries du type Campylobacter avait légèrement décru en 2017, souligne l'OSAV. Mais il est resté important pendant la saison des grillades et les fêtes de fin d'année.

Afin de faire baisser durablement le nombre de cas, l'Office poursuit donc sa campagne. Pour mieux atteindre le public cible, les hommes jeunes, celle-ci sera menée essentiellement en ligne et sur les médias sociaux.

Avec une nouvelle présentation, le site www.sichergeniessen.ch sera au centre de la campagne. Celle-ci durera jusqu'à fin 2019 pour un coût de 100'000 francs par an.

Volaille particulièrement à risque

Une bonne manipulation de la viande de volaille, à la source de nombreuses infections, est particulièrement cruciale, relève l'OSAV. Ce type de denrée devrait toujours être chauffé à une température d'au moins 70 degrés jusqu'au coeur, les bactéries étant également présentes à l'intérieur de la viande.

La volaille ne devrait être servie que quand la viande se détache de l'os et ne présente plus de zone 'vitreuse'. Pour une sécurité maximale, il faudrait contrôler la température interne des grosses pièces à l'aide d'un thermomètre à viande.

Les bactéries se transmettent aussi facilement de la viande aux ustensiles de cuisine, aux mains et aux autres denrées alimentaires. La viande de volaille crue ne devrait donc pas entrer en contact avec d'autres aliments et être préparée séparément. Idéalement, il faudrait utiliser des planches et des couteaux distincts pour la viande et pour d'autres denrées comme les légumes et les fruits.

Plus de 10'000 infections par an

Quelque 10'000 cas d'affections d'origine alimentaire sont rapportés chaque année. Mais selon l'OSAV, le nombre de cas réel est plus élevé. Une grande partie des personnes atteintes de diarrhée ne se rendent en effet pas chez le médecin.

Les cas les plus nombreux sont causés par des bactéries de type Campylobacter ou des salmonelles. Les campylobactérioses engendrent à elles seules des frais directs de 50 millions de francs par an. Les coûts indirects de pertes de revenus ne sont pas inclus dans cette somme.

Les suites d'une infection peuvent être diverses. Pour les campylobactérioses, une diarrhée parfois mêlée de sang ou de mucus, des douleurs abdominales, de la fièvre et éventuellement des vomissements surviennent après deux à cinq jours. Le patient se remet en une à deux semaines. Des rechutes sont toutefois possibles.

Rarement, des complications, comme l'apparition de paralysies, peuvent survenir. 15% des affections nécessitent une hospitalisation.

/ATS