L'asphalte « tiède » meilleur pour l'environnement et les ouvriers

Chaleur, fumées chaudes et machines bruyantes, l'asphaltage des routes est un travail difficile ...
L'asphalte « tiède » meilleur pour l'environnement et les ouvriers

L'asphalte

Photo: KEYSTONE/TI-PRESS/GABRIELE PUTZU

Chaleur, fumées chaudes et machines bruyantes, l'asphaltage des routes est un travail difficile. Des chercheurs de l'Empa ont analysé les émissions de différents types d'enrobés conventionnels et d'autres dits 'tièdes'. Résultat: les seconds sont plus écologiques.

L'asphalte est normalement mélangé à 160°C, transporté puis posé par les constructeurs de routes à 150°C environ. Ce n'est pas seulement une charge pour les travailleurs. L'empreinte écologique est également très importante en raison de la forte consommation d'énergie et des émissions de CO2 qui en résultent.

Une solution est ce qu'on appelle les enrobés tièdes. Ils ne sont chauffés qu'à 140°C et posés à des températures encore plus basses. Cela les rend beaucoup plus agréables pour les travailleurs et moins énergivores.

Dans leur étude publiée dans la revue Road Materials and Pavement Design, les chercheurs du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa) montrent que les différents types d'enrobés tièdes provoquent en outre moins d'émissions nocives que les enrobés conventionnels.

Selon le liant présent dans l'asphalte, les polluants sont présents en diverses quantités, y compris les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), que l'on trouve en petites concentrations dans le charbon et le pétrole brut.

Des hydrocarbures organiques volatils (COV) sont produits par l'évaporation de composants bitumineux peu liquides et par la réaction de décomposition du bitume à des températures élevées. Or plus la température est basse pendant la production et le traitement, moins il y a de polluants rejetés dans l'air.

Sur le terrain

Kerstin Zeyer et Joachim Mohn, de l'Empa, ont analysé quatre types d'asphalte tièdes et un asphalte classique. L'équipe a effectué des tests en laboratoire pour vérifier la plausibilité des mesures sur le terrain et en est venue à la même conclusion.

Au total, 90% de particules en moins ont été émises par l'asphalte tiède que par l'asphalte ordinaire, et 50% à 70% d'hydrocarbures organiques volatils en moins ont été mesurés. L'Empa souligne que toutes les valeurs d'émission - quel que soit le type d'asphalte - sont bien inférieures au niveau nocif pour les ouvriers.

Avec ce bilan, la question se pose de savoir pourquoi la Suisse n'est pas passée depuis longtemps à l'asphalte tiède. 'Ce n'est malheureusement pas si facile', explique Martin Hugener du département Construction routière/Etanchéité de l'Empa, cité mardi dans un communiqué.

'Toutes les installations de production sont encore conçues pour la production d'asphalte à chaud conventionnel. Concrètement, les brûleurs des centrales d'enrobage devraient être optimisés partout afin de pouvoir produire de l'asphalte tiède à grande échelle', ajoute le spécialiste.

Asphalte posé à froid

La construction routière est très gourmande en ressources et entraîne des émissions considérables de CO2. Un projet de recherche du Fonds européen de développement régional (Interreg) veut changer cela.

Des chercheurs de l'Empa dirigés par Christiane Raab ont développé un nouveau procédé à cet effet. Seule de l'eau est ajoutée à l'asphalte granulaire et le matériau est ensuite compacté par laminage. Afin de réduire au maximum les émissions, l'asphalte est également posé 'à froid'.

Les chercheurs ont fait poser dans le canton de Bâle-Campagne une piste d'essai asphaltée dont la couche de base est constituée d'asphalte recyclé à froid pur. Ce tronçon de route sera utilisé normalement jusqu'à l'été prochain. Les chercheurs évalueront ensuite la tenue de l'asphalte.

/ATS
 

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