L'agriculture s'engage pour réduire le recours aux antibiotiques

L'agriculture a réduit de près de moitié l'usage d'antibiotiques en dix ans. Le problème des ...
L'agriculture s'engage pour réduire le recours aux antibiotiques

L'agriculture s'engage pour réduire le recours aux antibiotiques

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

L'agriculture a réduit de près de moitié l'usage d'antibiotiques en dix ans. Le problème des résistances aux antibiotiques n'est pas résolu pour autant, avertit l'Union suisse des paysans (USP), qui appelle la médecine humaine à suivre le mouvement.

Le problème de la biorésistance croissante est très sérieux, écrit lundi l'USP, à l'occasion de la Semaine mondiale consacrée au sujet. L'Organisation mondiale de la santé le considère même comme l'un des principaux risques pour la santé. Plus on recourt aux antibiotiques, plus la probabilité de résistances à ces derniers augmente.

C'est un enjeu vital pour les personnes et les animaux malades que de disposer de remèdes efficaces: il est donc dans l’intérêt même des détenteurs d’animaux de rente de réduire l’usage d'antibiotiques au plus strict minimum, selon l'USP.

L'agriculture et la médecine vétérinaire ont déjà fait des efforts: la quantité totale de substances antimicrobiennes utilisées dans la garde d’animaux de rente a baissé de 45% depuis 2008. Rien qu'entre 2015 et 2016, la baisse a atteint 9%.

Pas de stocks

De nouvelles dispositions sont entrées en vigueur en 2016. Il est désormais interdit de remettre des antibiotiques critiques (soit ceux de première priorité tant pour la médecine humaine qu'animale) à titre de stocks. Des traitements préventifs ou des traitements sans consultation du vétérinaire sont ainsi exclus.

Les détenteurs porcins ont eux lancé des programmes santé. Le Service sanitaire des veaux est devenu opérationnel cette année, avec l’objectif de réduire de moitié l’usage d’antibiotiques pour les veaux dans un délai de six ans.

Pour les volailles et les oeufs, la production suisse s’en sort en n’utilisant que très peu d’antibiotiques en comparaison internationale. Ceci grâce aux mesures d’hygiène déployées dans tout le pays.

Enfin, les producteurs de lait ont adopté tout un éventail de mesures. La médecine complémentaire et la sélection en élevage, par exemple, permettent de réduire l'usage d'antibiotiques et de prévenir le développement de résistances.

Base de données dès 2019

Parmi les projets à venir, l’Association suisse des pareurs d’onglons et la faculté VetSuisse prévoient un projet pour la santé des onglons. Et à partir de 2019, la Confédération met en place une base de données pour recenser la consommation d’antibiotiques à usage vétérinaire.

Si la quantité d'antibiotiques doit encore diminuer, elle ne doit en aucun cas se faire sur le dos de la santé ou du bien-être des animaux, rappelle toutefois Blaise Voumard, vice-président de la Société des vétérinaires suisses (SVS), dans son discours écrit.

Au vu de certaines conditions de détention d'animaux et de formes de production, il est d'ailleurs impensable de faire sans antibiotiques. Le désamorçage du problème impliquerait un changement de paradigme touchant autant les milieux de production que les consommateurs.

La réduction ne suffit pas

L'USP souligne que la réduction des quantités d'antibiotiques ne permet pas à elle seule de résoudre le problème des résistances, puisque ces dernières se développent malgré tout. L’agriculture et les vétérinaires ne peuvent pas trouver de solution aux risques que la médecine humaine génère dans les hôpitaux et les cabinets médicaux. Celle-ci doit aussi faire son devoir, estime l'USP.

La semaine dernière, dans le cadre de la 'Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques', l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a présenté les données de la Stratégie nationale Antibiorésistance (StAR). Ainsi, la consommation d'antibiotiques à l'hôpital en Suisse est en légère hausse, mais dans la moyenne européenne. Dans l'ambulatoire, elle est stable sur deux ans.

/ATS
 

Actualités suivantes