Il faut davantage de surfaces pour les oiseaux et les papillons

Pour rétablir les populations décroissantes d'oiseaux et de papillons des milieux agricoles ...
Il faut davantage de surfaces pour les oiseaux et les papillons

Il faut davantage de surfaces pour les oiseaux et les papillons

Photo: KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT

Pour rétablir les populations décroissantes d'oiseaux et de papillons des milieux agricoles, il faut augmenter la part de surfaces de promotion de la biodiversité. Il faut aussi améliorer leur qualité, selon une étude de l'Université de Berne et de la HES bernoise.

La biodiversité des milieux agricoles a fortement régressé au cours des dernières décennies. Dans le but de stopper et d’inverser ce déclin, les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB, anciennement 'surfaces de compensation écologique') ont été mises en place en Suisse dans les années 1990.

Les SPB sont des surfaces semi-naturelles telles que des prairies et des pâturages fleuris, des jachères ou des haies. Elles sont exploitées de manière extensive, où les engrais et produits phytosanitaires ne peuvent être utilisés que de manière très restreinte. Les agriculteurs doivent gérer au minimum 7% de leur domaine sous forme de SPB pour obtenir des paiements directs.

L'efficacité de ces surfaces a été mise en doute à plusieurs reprises, car malgré leur mise en place, le déclin de la biodiversité, notamment des espèces cibles et caractéristiques pour l’agriculture, n'a pas pu être stoppé.

Une équipe de chercheurs dirigée par Jean-Yves Humbert, de l’Institut d’écologie et d’évolution de l'Université de Berne, a voulu en avoir le coeur net. Elle a déterminé quelles sont les caractéristiques principales des SPB qui influencent le plus la diversité des oiseaux et papillons.

A l'échelle du paysage

Sur le Plateau suisse, 46 sites d'étude de 1 km2, ont été analysés afin d’y déterminer comment la proportion, la qualité, la taille, la distance, la diversité et la configuration des SPB influencent la biodiversité.

Les chercheurs ont constaté que la proportion de SPB par rapport à la surface agricole totale était le facteur le plus important conditionnant l’effet positif pour tous les papillons diurnes. Le nombre d'espèces et le nombre de papillons était de 22% et 60% supérieur, respectivement, lorsque la proportion de SPB dans le paysage augmentait de 5% à 15%.

La tendance était également évidente chez les oiseaux, pour qui les SPB offrent des sites de nidification et des ressources alimentaires qui font sinon défaut dans le paysage agricole intensément exploité.

'Des études antérieures avaient montré que la gestion extensive des SPB favorisait localement la biodiversité, soit à l'échelle de la parcelle. Notre recherche démontre également un effet positif des SPB à l’échelle du paysage pour les papillons et les oiseaux nicheurs', déclare Jean-Yves Humbert, cité mercredi dans un communiqué.

Peu de surfaces de haute qualité

Les chercheurs ont constaté que les oiseaux nicheurs des milieux agricoles, dont les espèces cibles et caractéristiques pour l’agriculture ainsi que les espèces de la liste rouge, répondaient positivement à la qualité des SPB. Les SPB avec qualité, dites Q2, ont une valeur écologique plus élevée, elles sont plus riches floristiquement et/ou structurellement.

'Dans notre étude, seuls deux sites sur 46 présentaient une proportion élevée de SPB avec qualité, ce qui démontre un grand déficit sur le Plateau suisse', déclare Silvia Zingg, de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), qui a également contribué à cette recherche.

Afin d'atteindre les objectifs environnementaux de l'agriculture dans le domaine de la biodiversité, en plus d'augmenter la quantité de SPB, la qualité des SPB existantes doit être améliorée, selon les auteurs.

En outre, pour promouvoir des espèces rares ou spécialisées, les SPB ne suffisent pas: 'De nombreuses espèces comme la huppe fasciée ou le tarier des prés sont quasi éteintes sur le Plateau central. Pour promouvoir de telles espèces, des mesures spécifiques de protection doivent être mises en oeuvre', note encore Silvia Zingg.

Cette étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est une des premières à examiner les effets des SPB à l’échelle du paysage.

/ATS
 

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