Donald Trump se dit optimiste sur un accord avec le Mexique

Donald Trump a exprimé vendredi un certain optimisme sur la possibilité de parvenir à un accord ...
Donald Trump se dit optimiste sur un accord avec le Mexique

Washington et Mexico trouvent un accord sur l'immigration

Photo: KEYSTONE/AP U.S. Custome and Border Protecti

Les Etats-Unis et le Mexique ont trouvé un accord sur l'immigration, a tweeté Donald Trump. En échange de la 'suspension indéfinie' de taxes douanières, Mexico a accepté de prendre 'des mesures fortes pour endiguer la marée migratoire qui traverse son pays'.

'Cette mesure vise à réduire considérablement, voire à éliminer, l'immigration clandestine en provenance du Mexique et à destination des États-Unis', a ajouté vendredi soir le président américain, alors qu'il venait de rentrer d'un voyage en Europe, où il a assisté aux commémorations du Débarquement de 1944 en Normandie.

Quelques minutes plus tard, le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a lui aussi annoncé sur Twitter qu'il n'y aurait 'pas de tarifs douaniers de la part des Etats-Unis lundi'. Il doit communiquer les détails de l'arrangement samedi après-midi à Tijuana, a fait savoir via le même réseau social le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador qui sera aussi présent.

M. Ebrard avait entamé mercredi à Washington les négociations avec plusieurs représentants de la diplomatie américaine. Elles ont finalement abouti vendredi après plus de douze heures d'échanges entre les murs du département d'Etat américain.

Détails de l'arrangement

Le Mexique va prendre des 'mesures sans précédent' pour lutter contre l'immigration clandestine, ont affirmé les deux pays dans une déclaration commune. 'Le déploiement de sa Garde nationale à travers le Mexique, en priorité à sa frontière sud', figure parmi ces mesures, précise la déclaration. Le chiffre de 6000 hommes annoncé jeudi par Mexico n'y figure pas explicitement.

'Le Mexique va aussi prendre des mesures décisives pour démanteler les organisations de passeurs et de trafiquants, ainsi que leurs réseaux illicites de transport et de financement', selon ce texte.

Les Etats-Unis estiment que le Mexique n'en fait pas suffisamment pour contrôler sa frontière avec le Guatemala, au sud de son territoire, et qu'il a laissé se développer sur son sol des réseaux qui acheminent les migrants vers les Etats-Unis. Ceux-ci viennent essentiellement du Guatemala, du Honduras et du Salvador d'où ils fuient la criminalité et l'insécurité. Et ils ne font que transiter sur le sol mexicain.

Le Mexique devrait aussi accéder à une autre exigence de Washington: tous les migrants venant faire une demande d'asile aux Etats-Unis seront renvoyés au Mexique en attendant qu'elle soit traitée par les tribunaux américains.

Gestes de bonne volonté

Donald Trump menaçait d'appliquer dès lundi des droits de douane de 5% sur tous les produits mexicains, qui auraient pu augmenter progressivement jusqu'à 25% le 1er octobre, si son voisin du Sud ne s'engageait pas à prendre des mesures suffisantes contre l'immigration clandestine.

L'utilisation de l'arme commerciale dans ce dossier avait inquiété les milieux d'affaires, tant les relations économiques sont étroites entre les deux pays. De l'industrie à l'agriculture, les deux économies sont imbriquées et la Chambre de commerce américaine a estimé à 17 milliards de dollars le montant qui aurait été répercuté sur les entreprises et consommateurs américains si les droits de douane avaient été appliqués.

Soucieux d'éviter l'exécution de la menace américaine, Mexico avait dépêché dès le début de la semaine une importante délégation à Washington et multiplié les gestes de bonne volonté: renforcement de la sécurité à la frontière avec le Guatemala, gel de comptes bancaires de passeurs présumés ou encore envoi de Honduriens dans leur pays.

Pays pauvres

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une de ses priorités, accusait le Mexique de ne rien faire ou presque pour freiner le passage sur son sol de migrants d'Amérique centrale qui finissent par entrer clandestinement aux Etats-Unis.

Pour le seul mois de mai, 144'000 migrants ont été arrêtés ou refoulés en à la frontière sud des Etats-Unis. Au moment de la prise de fonction de Donald Trump à la Maison Blanche, seuls 20'000 migrants étaient arrêtés chaque mois à la frontière

Parmi les migrants, figurent de nombreuses familles, parfois aussi des enfants isolés.

/ATS
 

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