A la COP23, alliance anti-charbon contre l'Amérique pro-charbon

Vingt pays, dont la Suisse, ont annoncé la création d'une alliance pour sortir du charbon, ...
A la COP23, alliance anti-charbon contre l'Amérique pro-charbon

A la COP23, alliance anti-charbon contre l'Amérique pro-charbon

Photo: KEYSTONE/EPA/ARMANDO BABANI

Vingt pays, dont la Suisse, ont annoncé la création d'une alliance pour sortir du charbon, jeudi à la Conférence sur le climat à Bonn où était attendue une représentante des Etats-Unis. Il s'agit de bannir le charbon de la production d'électricité d'ici à 2030.

L''Alliance pour la sortie du charbon' ('Powering Past Coal Alliance') a été lancée à Bonn par le Royaume Uni et le Canada. Parmi ses membres figurent l'Angola, la Belgique, la Finlande, la France, l'Italie, les îles Marshall, le Portugal, le Salvador, la Suisse, mais aussi plusieurs Etats américains et canadiens (Etat de Washington, Oregon, Alberta, Vancouver, etc).

Tous se sont déjà engagés à éliminer graduellement leurs centrales au charbon, avec des dates-limites différentes (par exemple 2030 pour la Grande-Bretagne, le Canada, ou 2021-22 pour la Nouvelle-Zélande, la France). Cependant les pays de cette alliance représentent au total une part minime de la consommation charbonnière mondiale, concentrée en Asie (Chine, Inde, Asie du sud-est).

L'alliance, dont les objectifs ne sont pas contraignants, espère compter 50 membres d'ici la prochaine Conférence des Nations unies sur le climat en 2018 (COP24) qui se tiendra dans la ville polonaise de Katowice, l'une des plus polluées d'Europe.

Energie la plus dommageable

Le charbon, première source d'électricité dans le monde (40%) mais énergie la plus dommageable pour le climat et la qualité de l'air, est au coeur de la bataille contre le réchauffement.

'C'est un signal positif de l'élan mondial contre le charbon,' a réagi Jens Mattias Clausen de Greenpeace. 'Mais cela met aussi en évidence les gouvernements à la traîne, ou ceux qui promeuvent l'énergie fossile la plus sale du monde'.

Secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires scientifiques et environnementales, l'Américaine Judith Garber devait s'exprimer jeudi après-midi devant la conférence. 'La position de l'administration sur l'accord de Paris reste inchangée', a souligné le département d'Etat dans un communiqué sur sa venue: 'les Etats-Unis ont l'intention de se retirer de l'accord, à moins que le président puisse identifier des termes plus favorables aux entreprises, travailleurs et contribuables américains'.

Deuxième émetteur de gaz à effet de serre au monde, et premier émetteur historique, les Etats-Unis ne pourront se retirer formellement de l'accord avant novembre 2020. En attendant, le gouvernement a déjà annulé le 'plan pour une énergie propre' de Barack Obama qui visait à réduire les émissions des centrales thermiques, ainsi que les engagements financiers au Fonds vert de l'ONU.

Contentieux récurrent

L'accord de Paris adopté en 2015 après plus de vingt ans de tractations, vise à garder le monde sous 2°C de réchauffement par rapport au niveau d'avant la Révolution industrielle. A la COP23, présidée par les îles Fidji, les délégués de près de 200 Etats travaillent à la mise en place des règles d'application de l'accord: par exemple, comment contrôler les engagements nationaux.

Contentieux récurrent des négociations climat, pays en développement, émergents et petites îles, ont accusé les pays développés d'engagements insuffisants sur les financements climatiques comme les réductions d'émissions. La délégation de négociateurs américains en particulier a pu susciter l'irritation.

/ATS
 

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