L'attitude des Suisses envers le loup reste stable et polarisée

Malgré la hausse du nombre de loups, l'attitude de la population suisse à leur égard est restée ...
L'attitude des Suisses envers le loup reste stable et polarisée

L'opposition aux loups n'a pas augmenté malgré l'expansion de ce prédateur.

Photo: KEYSTONE/DPA/BERND WEISSBROD Photo: KEYSTONE/DPA/BERND WEISSBROD

Malgré la hausse du nombre de loups, l'attitude de la population suisse à leur égard est restée stable entre 2015 et 2023. Les opinions restent polarisées et marquées par des clivages régionaux, selon une étude de l'Université de Zurich et KORA publiée jeudi.

L'étude a été publiée en septembre dernier dans la revue scientifique Biological Conservation. Elle se base sur deux enquêtes nationales menées par l'Université de Zurich, la seconde en collaboration avec la fondation KORA, mandatée par la Confédération pour le suivi des carnivores en Suisse. La première a eu lieu en 2015, après l'installation de la première meute en 2012, et la seconde en 2023, alors que le pays en comptait une trentaine.

La part des personnes clairement opposées aux loups est passée de 37,5 % en 2015 à 31,8 % en 2023, note KORA. Les opinions sont toutefois restées très polarisées, avec environ deux tiers des sondés choisissant une réponse aux pôles: pour ou contre le prédateur.

Des clivages régionaux

Selon la fondation, ces résultats confirment des différences régionales marquées. Les habitants du Plateau et des zones urbaines sont généralement plus favorables au loup que ceux des régions de montagne et rurales.

Selon les chercheurs, ces écarts ne s'expliquent pas par la présence effective du prédateur, comme la distance avec les meutes ou le nombre d'attaques sur le bétail. L'étude suggère que l'attitude est "davantage influencée par des différences socioculturelles régionales, ancrées dans l'histoire, que par la présence du loup lui-même."

Le poids de l'environnement social

Au niveau local, l'évolution de l'acceptation ne suit pas non plus de schéma clair. Les chercheurs ont constaté que "plus les personnes interrogées vivaient près les unes des autres, plus l'évolution de leurs attitudes tendait à être similaire."

Ce constat suggère que "les attitudes individuelles sont fortement influencées par les opinions présentes dans l'environnement social", via les discussions locales, les médias ou les acteurs politiques.

La dernière enquête nationale a été menée avant la modification de l'ordonnance sur la chasse, qui a introduit une régulation proactive du loup. Une nouvelle étude est prévue pour 2027/2028 afin d'évaluer l'impact de cette nouvelle politique sur l'opinion publique.

/ATS


 

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