RHT: l'horlogerie "prend acte" du retour à la normale voulu à Berne

La Convention patronale de l'industrie horlogère (CPIH) dit "prendre acte, sans surprise" de ...
RHT: l'horlogerie "prend acte" du retour à la normale voulu à Berne

Récemment, la marque de montres locloise Zenith a ouvert une procédure de licenciement collectif visant ses employés.

Photo: KEYSTONE/CYRIL ZINGARO Photo: KEYSTONE/CYRIL ZINGARO

La Convention patronale de l'industrie horlogère (CPIH) dit "prendre acte, sans surprise" de la volonté de Berne de faire revenir à la normale la durée maximale d'indemnisation du chômage partiel pour le secteur.

Le Conseil fédéral entend réduire la durée de la réduction de l'horaire de travail (RHT) de 24 mois à 12 mois "de manière échelonnée", a-t-il fait savoir récemment.

"Nous prenons acte de la volonté du Conseil fédéral" de revenir à des conditions normales d'octroi de l'indemnité en cas de RHT, a déclaré le secrétaire général de la CPIH, Ludovic Voillat. Le responsable n'avait pas eu vent du communiqué publié par le Secrétariat d'État à l'économie (Seco) la semaine dernière, le sujet n'ayant pas encore été mis sur le tapis par les membres de la faîtière réunissant les employeurs de l'horlogerie et la microtechnique.

"Ce n'est toutefois pas une surprise, nous savions que l'augmentation de la durée maximale d'indemnisation à 24 mois était temporaire", a réagi M. Voillat. "Cela a été un outil très important pour de nombreuses entreprises, en leur permettant de préserver les emplois et les compétences, mais il ne pouvait pas être maintenu", a-t-il ajouté.

M. Voillat a précisé que des discussions devraient avoir lieu entre les cinq associations patronales membres, qui représentent plus de 500 entreprises, afin de décider d'une prise de position.

Dans le compte-rendu du Seco, il est expliqué que, depuis la crise traversée depuis fin 2023 par les marques horlogères et la sous-traitance, le Conseil fédéral a prolongé la durée maximale d'indemnisation à 24 mois au lieu de 12, et le délai d'attente d'un jour au lieu de trois à la charge des entreprises. Toutefois, le groupe d'experts de la Confédération estime que les prévisions conjoncturelles sont désormais favorables "à un retour progressif à la normale".

La mesure, initialement limitée à 12 mois dans le régime ordinaire, avait été portée à 18 mois en août 2024, reconduite en 2025, puis étendue à 24 mois dès novembre 2025. Le 27 mai dernier, le Conseil fédéral a prolongé cette dernière mesure jusqu'au 31 janvier 2027.

Les suppressions d'emplois continuent

Aux yeux du pouvoir exécutif, "si certains risques subsistent, notamment en raison des tensions géopolitiques, des prix élevés de l'énergie et des incertitudes en matière de politique commerciale, l'évolution de la situation plaide, dans l'ensemble, pour un retour échelonné aux dispositions ordinaires".

Ainsi, en décembre prochain, le Conseil fédéral examinera "si les conditions pour prolonger une nouvelle fois la durée maximale d'indemnisation à compter de février sont réunies et, le cas échéant, quelle devra être la durée maximale".

"Il se penchera dans le même temps sur les prochaines étapes d'un retour à la durée normale d'indemnisation maximale de 12 mois courant 2027, en tenant compte de l'évolution économique", est-il détaillé dans le communiqué.

Touché de plein fouet depuis trois ans par le repli de la consommation chinoise et confronté aux aléas géopolitiques actuels, comme les droits de douane, le franc fort et la crise au Moyen-Orient, le secteur de l'horlogerie et de la microtechnique peine à sortir la tête de l'eau.

Récemment, dans le canton de Neuchâtel, le groupe Richemont a ainsi dû procéder au transfert de dix-sept employés de sa maison horlogère Montblanc vers d'autres sociétés du groupe et a également procédé au licenciement de six collaborateurs. La marque de montres locloise Zenith, appartenant à LVMH, a pour sa part ouvert une procédure de licenciement collectif visant ses employés pour faire face à une demande en berne. Une centaine de postes sont concernés en Suisse et une centaine d'autres à l'international.

/ATS


 

Actualités suivantes

Articles les plus lus