Vendeur de voitures de luxe accusé d'escroquerie devant la justice

Le procès d'un vendeur de voitures de luxe accusé d'escroquerie et de gestion fautive s'est ...
Vendeur de voitures de luxe accusé d'escroquerie devant la justice

Vendeur de voitures de luxe accusé d'escroquerie devant la justice

Photo: KEYSTONE/MARTIN RUETSCHI

Le procès d'un vendeur de voitures de luxe accusé d'escroquerie et de gestion fautive s'est ouvert lundi devant le Tribunal de district de Lenzbourg (AG). Le procureur a requis sept ans de prison. Le verdict est attendu le 23 janvier.

Volubile face à la cour, le prévenu, un Suisse de 47 ans, a déclaré avoir travaillé correctement et être traité de manière injuste par ses partenaires ainsi que par les autorités. 'Je ne me suis rendu punissable sur aucun point', a-t-il clamé.

Mécanicien de formation, il a monté le garage SAR premium cars à Dintikon (AG). Ferrari, Maserati, Lamborghini, BMW, Porsche ou encore Mercedes: dès 2007, il s'était mis à proposer des crédits-bails (leasings) pour des voitures de luxe, peut-on lire dans l'acte d'accusation de 335 pages du Ministère public.

Les leasings étaient réalisés principalement avec la société Fidis Finance (Suisse). Il aurait détourné ce mode de financement très utilisé dans le marché automobile qui permet la location d'un véhicule et en principe son achat à la fin d'une période déterminée.

Conditions très avantageuses

Les conditions offertes par SAR premium cars étaient extrêmement avantageuses. Les voitures étaient, par exemple, reprises par le garage avant l'expiration du contrat sans frais de pénalité.

L'entreprise a grandi rapidement. Son chiffre d'affaires était de 140 millions de francs en 2010. L'homme s'occupait des véhicules, sa femme de la comptabilité. Ses clients provenaient des étages supérieurs de banques ou d'assurances, selon l'accusé. Ils bénéficiaient de rabais spéciaux.

Selon le Ministère public, cette stratégie a causé le surendettement puis l'insolvabilité de la firme. A partir de fin 2010, elle n'a pu poursuivre ses activités que parce que Fidis avait reporté ses obligations de remboursement, est-il écrit dans l'acte d'accusation. Mais quelques mois plus tard, la société de financement a fait retirer tous les véhicules du lieu de vente de SAR premium cars et déposé une plainte pénale.

La faillite du garage a été prononcée peu après. Outre de mauvaise gestion, le Ministère public accuse le patron d'avoir manipulé des documents pour cacher la situation réelle de l'entreprise. Il aurait aussi dissimulé le retour de voitures louées avant de les vendre, imité les signatures de clients ou encore vendu des véhicules avec de faux papiers.

Le montant de l'infraction présumée dépasse 17 millions de francs. Le représentant de la partie plaignante privée réclame des dommages et intérêts de 12,6 millions de francs. Il s'exprimera mardi, tout comme la défense.

Prévenu 'détruit'

Selon ses propres dires, le prévenu vit et travaille actuellement au Tessin, dans une société de véhicules utilitaires. Il se dit 'détruit' par les années de procédure pénale et condamné par avance par les médias. Il a perdu ses amis, sa femme, sa fortune.

L'enquête a duré six ans. Quelque 376 classeurs fédéraux ont été remplis. Parmi les clients du garage se trouvaient des personnes connues dans toute la Suisse. Face à l'ampleur du dossier, huit personnes supplémentaires ont été engagées au Ministère public argovien, pour un coût de 3,4 millions de francs.

/ATS
 

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