Vaud: une élection au Conseil d'Etat pas si tranquille

Avec une candidate socialiste ultra-favorite, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat vaudois ...
Vaud: une élection au Conseil d'Etat pas si tranquille

Vaud: une élection au Conseil d'Etat pas si tranquille

Photo: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

Avec une candidate socialiste ultra-favorite, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat vaudois pourrait ressembler à un long fleuve tranquille. La campagne se joue pourtant à couteaux tirés. Premier résultat, le 17 mars.

Cinq candidats briguent le siège que le socialiste Pierre-Yves Maillard quittera début mai. Sur la ligne de départ, la conseillère nationale socialiste Rebecca Ruiz, soutenue par les Verts, se place en pole position, face à son principal adversaire l'UDC Pascal Dessauges, préfet du Gros-de-Vaud, qui a obtenu l'appui du PLR.

Gauche contre droite

C'est le combat principal de ce premier tour, un affrontement gauche droite dans la plus pure tradition. Rebecca Ruiz, 37 ans, défend avec soin le bilan de la majorité rose-verte au gouvernement depuis sept ans. En particulier ses avancées sociales, comme la rente-pont ou la limitation des primes maladie à 10% du revenu, une mesure sans précédent pour la population vaudoise, explique la criminologue.

Pascal Dessauges, 54 ans, moins connu médiatiquement, met en avant son expérience de préfet et de colonel à l'armée. Il se présente comme un homme pragmatique, capable de rassembler, mais déroule un programme très droitier, avec baisse d'impôts des contribuables et stabilisation des dépenses sociales qui ne cessent d'augmenter. A ses yeux, la hausse des subsides maladie est une bombe à retardement.

Basculer à droite

Le candidat UDC aimerait regagner le siège perdu en 2011, et ainsi faire basculer le Conseil d'Etat à droite. Avec 25 députés au Grand Conseil, son parti a la légitimité pour revendiquer un siège, dit-il.

Rebecca Ruiz s'inscrit dans la logique des compromis dynamiques à la vaudoise, forgés entre un socialiste et un PLR, entre Pierre-Yves Maillard et Pascal Broulis. Elle est acquise à cette notion de compromis, qui permet de faire avancer ses idées, défend-elle.

Centre en embuscade

Les compromis, les solutions consensuelles, le centriste Axel Marion, 40 ans, s'en délecte aussi. Le candidat PDC appelle de ses voeux une nouvelle formule magique au gouvernement, avec trois élus de gauche (2 PS et 1 Vert), trois de droite (PLR) et un centriste.

Un pari difficile: son parti ne pesait que 3% des voix aux dernières élections cantonales. Mais le député et conseiller communal lausannois, qui fait de la politique depuis une quinzaine d'années, se tient en embuscade. Il sait qu'il peut compter sur le soutien des Vert'libéraux et de l'Alliance du centre.

Attaques au sein de la gauche

En plus de l'habituelle opposition gauche-droite, cette élection est aussi le théâtre d'un affrontement au sein de la gauche. Tout a commencé dès le choix des candidats de la gauche radicale, le POP et Solidarités ne parvenant pas à s'entendre sur une candidature unique.

Si, sur le fond, on peine à percevoir de vraies différences de programme, le profil des deux candidats diverge. La popiste Anaïs Timofte, 27 ans, un récent master universitaire en poche, est une nouvelle venue en politique.

Culot contre expérience

Avec du culot et une certaine fraîcheur, elle tire à boulets rouges sur ses adversaires - surtout à gauche - qu'elle juge 'déconnectés de la réalité que vivent les gens'. Elle insiste sur son profil de jeune mère célibataire issue des classes populaires.

A 67 ans, Jean-Michel Dolivo, de Solidarités, est une figure incontournable de la gauche radicale. Le député et avocat a une cinquantaine d'années d'expérience politique derrière lui. Avec sa candidature de combat, il n'a de cesse de dénoncer la politique de compromis du Conseil d'Etat, qui est en fait - dénonce-t-il - une 'politique des compromissions'.

Depuis 2012, le Conseil d'Etat vaudois se compose d'une majorité de femmes, avec quatre élues sur sept. Plus besoin dès lors pour les partis de jouer la carte femmes, un argument quasiment pas discuté durant cette campagne. A l'issue de cette complémentaire, le gouvernement pourrait compter cinq femmes sur sept. Le premier tour est prévu le 17 mars. Second tour le 7 avril prochain.

/ATS
 

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